Halakha et superstition
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- Rav Binyamin Wattenberg
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Ceux qui le mentionnent (avant 1960) n’en donnent pas d’explication et même le Rav Kanievsky –grand lecteur devant l’Eternel- n’a jamais lu d’explication (valable) à cela.
Si vous avez entendu une tentative, pas de problème.
Je la qualifie cependant d’hasardeuse car selon cette explication pourquoi interdire précisément le crouton ?
Pensez à ceux qui aiment particulièrement cette partie du pain !
On aurait pu dire simplement qu’il faille laisser un peu du pain pour accomplir « ma shéotarnou », ou si on s’inquiète vraiment d’oublier (‘has veshalom !), on peut encore dire de prélever –dès le début du repas- un petit bout du pain, mais sans imposer que ce soit du crouton.
D’autre part, vous devez savoir que les mots « ma shéotarnou etc… » sont du nossa’h sfarade et pourtant le minhag est aussi respecté par les ashkenazim.
réponse
Connaissez vous le minhag ( tunisien ?) qui consiste à couper un poisson en 2 ( au moment d'emmenager dans une nouvelle maison) et d'en verser le sang de part et d'autre de l'entrée ?
Bien à vous
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- Rav Binyamin Wattenberg
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A Leah75:
Peut-être serait-il préférable d’ouvrir un nouveau sujet pour ce nouveau sujet ?
J’y vois deux avantages majeurs :
1) ça permettrait de s’y retrouver plus facilement avec un titre approprié.
2) ça permettrait aux autres rabanim aussi de pouvoir répondre (en ce moment j’ai du mal à participer comme avant sur Techouvot… Mais j’espère que la situation s’arrangera bientôt).
A Sarab:
A la maison, non.
A Catman:
Non, connais pas.
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Plus tard, le 22 fév. 2012 j'ajoutais ceci:-Le sel qui se renverse (qui est un mauvais présage et annonce les disputes) n'a rien de juif à ma connaissance, c'est une superstition non-juive due –selon certains- au fait que les romains renversaient du sel sur les terres conquises qu'ils ne pourraient habiter, afin que rien ne puisse y pousser.
Je trouve cette explication assez faible.
Je préfère celle que j'ai entendue de mon Père il y a à peu près trente ans; le sel coutait très cher, il y avait –depuis le XIVème siècle (plus précisément en 1343 je crois –mais il y avait déjà eu des antécédents un siècle avant sous Louis IX) - un impôt particulier en France sur le sel, la "gabelle" , donc en renverser ne pouvait que provoquer des disputes.
J'ai lu ou entendu que l'origine du mot gabelle viendrait de l'hébreu (ou de l'arabe) kabel (comme kabala) qui signifie recevoir/percevoir (percevoir un impôt), je ne suis pas sûr (voire je doute) que ce soit vrai.
Cet impôt a été annulé peu après la Révolution, puis rétabli une quinzaine d'années après sous Napoléon Bonaparte , puis supprimé de nouveau et rétabli, et définitivement supprimé vers la fin de la seconde guerre mondiale.
Cependant je ne crois pas que les "pays francs" (dispensés de cet impôt –comme en Bretagne) soient affranchis de cette superstition!
Au Danemark je crois qu'on dit l'inverse, le sel renversé est un signe de bra'ha et de chance.
Ce qui montre bien la futilité de ces croyances.
Même en France au Moyen-âge le sel était supposé conjurer le sort et les démons, mais pas en le renversant sur la table, il fallait en avoir dans la poche ou en jeter une pincée en l'air.
Bref, il ne faut pas prêter attention à cette superstition.
A présent je viens apporter un nouvel élément sur lequel je suis tombé en lisant le Leket Hakema'h (p.186) de Rabbi 'Haim Messas où il est question de la גאבילא qui était un impôt sur la viande.Dans le message que j'ai posté plus haut (du 2 octobre 2011 à 5h30), je mentionne une idée sur l'étymologie d'un mot dont je ne me souvenais plus de la source.
J’ai trouvé la source de cette idée [= que le mot gabelle viendrait de l’arabe(/hébreu) Kabel].
C’est dans le Dictionnaire étymologique des mots français d’origine orientale (de L. Marcel Devic, Paris 1876 ) en page 51 en bas .
L’argument (qui y est cité) qui refuse les passages de K à G (Kabel – Gabelle) ne tient pas la route selon moi.
« L’hébraïsation » des noms propres le prouve, dans les anciens sfarim nous trouvons souvent Strasbourk ou encore le Maaram de Rottenbourk…
Je ne sais pas si ça se lit Gabelle, ou Gabella, ou Djabila, mais tous ces termes se rejoignent et laissent penser à l'étymologie dont nous parlions plus haut.