distinction de prononciation des consonnes

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 21 mai 2021, 13:42

Je vous cite: "Ils disent « le Kien » pour dire « le chien » et prononcent les lettres CH presque comme le K ou le C." Je remarque juste qu'en français actuel on retrouve trace de cela dans l'adjectif "canin".
Bien vu.
De canis, le chien.
Sur la distinction du Tav תּ et du Sav ת : on retrouve cette distinction en français contemporain.
En effet, la lettre "t" peut être associée au son [s] quand elle est suivie de ion, ien, ia, ie. (exemples souvent cités: indication, patience, initiale, acrobatie).
Le mot "attention" est un aussi un bel exemple: "atten" se prononce [aten] càd [atɑ̃] avec [t] tandis que "tion" se prononce [sion] càd [sjɔ̃] avec [s].
Encore bien vu !
Dans ce mot "attention", le "t" doublé "tt" correspondrait en hébreu à un Tav תּ (avec le daguesh qui dédouble la lettre Sav ת et indique sa version "dure" pour en faire un תּ) tandis que le "t" seul à la fin du mot correspondrait à un Sav ת.
La double consonne n’est pas synonyme de Daguesh mais l’implique.
Je veux dire qu’il peut aussi y avoir un simple T qui se prononce T, même si suivi de -ie, comme dans « partie », alors que d’autre fois non, comme dans « partiel ».

Dans les anciens livres, nous trouvons l’usage du double B pour marquer le Daguesh, car le simple B se prononçait un peu comme un Veit.

D’où la « Ketouba » (au lieu de « Ketouva ») même en terre Ashkenaze (alors que dans les pays arabes où le V n’existe pas, les Sfaradim avaient parfois perdu le son du Veit).

Pareil pour « Yebamot » et beaucoup d’autres mots. Ainsi, le double B s’est répandu comme moyen de marquer le Daguesh.

Il semblerait que la lettre B même en français donnait un son à mi-chemin entre le Beit et le Veit. Mais depuis longtemps, plus d’un siècle, ça s’est perdu et les français prononcent le B comme nous aujourd’hui.

C’est un scoop, je sais. Je n’en suis pas certain, mais de nombreuses sources semblent l’indiquer. Il faudrait écouter des enregistrements de personnes parlant français il y a 300 ans, mais je n’en ai pas sous la main.

Pour distinguer le ת "sav" du ס "sameh" ou du שׂ "sin", certains arguent que le ת "sav" se rapprochait d'une des variantes du "th" anglais, celle rencontrée à la fin des mots tels que "myths" ou "strengths".
Yes ! je crois l’avoir déjà écrit moi-même sur ce site (ou ailleurs ?).
Toutefois, ce n’est pas que le TH des fins de mots, il en va de même pour les débuts de mots, comme Thursday, Three,…
Existe-t-il d'après vous des éléments de preuve dans ce sens dans la littérature?
Oui, dans la littérature médiévale nous trouvons des retranscriptions de versets ou de mots hébraïques en caractères latins et cela nous renseigne sur leur façon de prononcer. Nous voyons souvent que le Sav est rendu par TH.

Un exemple, dans un livre écrit en latin en 1235 par Guillaume de Bourges : Liber Bellorum Domini.

ה' צבאות Deus Sabaoth (fin de §1, p.84)

מרחפת Meraefeth (§2, p.89)

בתולה Bethula (§3, p.96)

Et encore beaucoup d’autres exemples.


Parfois il rend aussi le צ par Th comme :

ויצא Viatha (§3, p.92)

בארץ Baareth (§4, p.102)

C’est que le צ ne se prononçait pas TS mais TH, soit plus vers le S, comme certains Sfaradim.

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