La perruque pour les Sefaradim, oui ou non ?

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 27 juin 2021, 12:37

Quatrième message :

A Modo :

Je cite :
Rav Binyamin Wattenberg a écrit :à Reb Manès:
" Sachez également que je n'ai pas oublié la gmara de Mena'hot 99b (vers le bas) et que j'ai pu lire ces les lectures "profanes" (que j'ai cité) dans les conditions qui ont permis à Rabbi Yaakov Emden d'en faire autant, comme il l'écrit dans son Meguilat Sefer (éd. Jérusalem 1979, page 126). [...]

J'ai eu entre les mains de très nombreux livres et je n'ai jamais lésiné à prendre des notes des éléments intéressants ou curieux
(j'ai été bibliothécaire à une époque, et j'ai gardé quelques réflexes)."
À quoi faites vous allusion avec le livre du R.Emden ? (désolé de vous embêter je n'ai pas le livre sous la main )

Au fait de lire les livres « ‘hol » aux toilettes.
Si vous n’avez pas accès au livre Meguilat Sefer cité, vous pourrez aussi lire la même chose dans son Ets Avot (Le’hem Shamayim, II, 14 -daf 20b).
Vous dites avoir été bibliothécaire à une époque ,( cela explique votre connaissance de livres et références quelque peu époustouflante pour ma part !! )
sans vouloir être intrusif dans votre vie je serais intéressé par plus de détails sur cette époque : dans quel pays était-ce ?
Aux Etats-Unis.
Mais ça n’était pas rémunéré monétairement.
Qu’y gagnais-je alors ? le droit de lire sur place et même d’emprunter des livres (dix par semaine).
Il y avait des livres très rares, introuvables ailleurs, et nous étions avant l’époque bénie d’internet qui met des millions de titres à la portée de tous grâce à la numérisation.

Avez vous toujours eu une profession à côté de vos études talmudiques ?
Vous n’imaginez pas le nombre de métiers que j’ai pratiqués…
J’étais cependant à plein temps au Kollel de Lakewood, mais je devais -pour subvenir aux besoins de ma famille, travailler en parallèle [-avant le seder tôt le matin, à l’heure du repas de midi, le soir après le Seder du Kollel Erev…].

La difficulté financière des Avrekhim de Lakewood à cette époque dépassait celle des Avrekhim d’Israël.
La bourse du Kollel à Lakewood était nettement inférieure à celle des Kollelim israéliens, alors que le coût de la vie y était beaucoup plus élevé (ce qui n’est plus le cas : le coût de la vie en Israël a férocement et incroyablement augmenté sur les 30 dernières années, alors que les Kollelim ne paient pas plus qu’à cette époque -voire un peu moins, tandis qu’aux Etats-Unis, le gouvernement Obama a- depuis, apporté la distribution d’aides d’état conséquentes).

J’ai aussi travaillé (et, pour le coup, ai été rémunéré monétairement) pour un collectionneur de livres en France, vers 2004-2005, là c’était en parallèle de mon poste de Maguid Shiour à (feu) la yeshiva du Centre Alef.
Le salaire que je recevais en tant que Maguid Shiour était insuffisant, pas seulement pour vivre, mais même pour survivre.
J’étais obligé de trouver autre chose en parallèle.
J’établissais des fiches de collectionneurs pour la vente de livres anciens aux spécialistes, en indiquant pour chaque livre les détails sur l’auteur, sur l’édition, les précédentes éditions du même ouvrage, les dates et lieux d’impression, les différences entre les éditions, les particularités de la présente édition et de l’ouvrage, les motivations de l’auteur, les critiques, réponses ou livres écrits à propos de ce livre, etc.

Ça fait partie de mes professions « nobles », sinon, aux Etats-Unis, j’ai appliqué quasiment à la lettre פשוט נבילתא בשוקא ושקיל אגרא (Psa’him 113a).
Par manque de moyens, j’ai fait un peu de tout durant les années de Kollel, voici une bonne dizaine d’exemples de « métiers » que j’ai pratiqués EN PLUS d’un plein temps au Kollel:
jardinier (tonte des gazons, taille des haies,…),
relieur (de livres),
chauffeur de bus (ramassage scolaire),
dactylographe et correcteur (entre autres, c’est moi qui corrigeais et dactylographiais les ‘habourot d’un des 4 rashei yeshiva de Lakewood -et de clients moins illustres),
coiffeur (pour hommes),
enseignant (cours particuliers de Gmara),
chapelier/pressing à chapeaux (étant le seul sur tout Lakewood, ça marchait bien -bli ayin hara rétroactif -je faisais ça tard le soir, après le Kollel Erev),
afficheur (colleur d’affiches publicitaires),
trempeur de vaisselle au Mikve,
j’ai vendu des livres (que j’avais écrits), des chapeaux, des laitues « Goush Katif » pour Pessa’h, …
[et des tas de petits jobs du style remplir des enveloppes d’un courrier pour des envois à grande échelle, remplir des sachets de Badei Bdika ( !) et autres trucs farfelus et impensables pour lesquels j’ai secondé mon épouse].

Pour ce qui est des rémunérations autres que monétaires, j’ai aussi joué le rôle de
plombier,
imprimeur,
couturier,
ébéniste,
charpentier,
menuisier
[j’entends comme distinction entre ces trois occupations autour du travail du bois : ébéniste = fabrication de meubles -surtout des armoires et bibliothèques. Charpentier = fabrication de panneaux de Souka. Menuisier = réparation de fenêtres, portes et autres, dans le cadre de rénovation de vieilles maisons], …

Je n’ai pas « tout » fait, j’ai refusé les travaux de traduction pour le Shas Artscroll (car ils payaient très mal), certaines ventes de marchandises importées, et s’il y a un métier qui était pratiqué par plusieurs avrekhim mais que je fuyais autant que possible, c’est Mashguia’h Kashrout.

[On m’a reproché d’avoir écrit dans la préface de mon Kountras Kitsour Hahalakha sur Nida la phrase suivante : לא נביא אנכי איש עובד אדמה אנכי , en me disant que l’on peut créer des expressions et « Leshonot Anava », mais pourquoi mentir ?
Ce à quoi j’ai répondu qu’on ne peut pas parler de mensonge puisque c’est un Passouk dans Zekharia (XIII, 5)
(que l’auteur du reproche semblait ignorer), l’expression n’a donc pas été « inventée » par moi, je n’ai fait que paraphraser/reprendre un verset sans deviner que mon lecteur ne le connaissait pas, et de plus, lorsque j’ai écrit ce Sefer, j’étais effectivement une sorte de « Oved Adama », payé pour tondre le gazon, enlever les mauvaises herbes et tailler les haies.

Quant au niveau du Droush, j’ajouterais ce que dit Rashi sur le verset de Mishlei (XII, 11) עובד אדמתו ישבע לחם, Rashi explique qu’au niveau du Mashal que le passouk apporte, « celui qui travaille sa terre » signifie en fait « celui qui révise son étude afin de ne pas l’oublier ».]


Mais tout ça n’a pas vraiment sa place sur ce site, si ce n’est pour encourager -ceux qui le peuvent- à soutenir financièrement des Avrekhim sérieux, que ce soit en Israël ou ailleurs, afin de leur éviter ces pertes de temps qui aurait pu être consacré au Limoud.

B’’H j’ai pu étudier plein de Torah durant ces années, malgré la difficulté financière inhérente au statut d’avrekh étranger aux Etats-Unis (à cette époque du moins).
Je savais qu’être Avrekh en Israël ou en France était plus facile pour la Parnassa, mais je ne regrette absolument pas mon choix, bien qu’il m'ait hélas contraint à perdre du temps (d’étude) à travailler.

Mes amis américains au Kollel étaient eux, dans leur écrasante majorité, à l’abri des problèmes d’argent, soit parce que leurs épouses avaient de bons postes (ce qui n'était pas donné aux étrangères), soit parce que leurs parents étaient richissimes, soit leurs beaux-parents -soit les trois à la fois !
C’était surtout les français et les russes qui étaient en difficulté financière et devaient se trouver des petits jobs.
Les étudiants d’autres nationalités (suisses, belges, anglais, canadiens, argentins, brésiliens, australiens, sudafricains) venaient généralement de familles assez aisées pour les subventionner largement, même les quelques israéliens étaient mariés à des américaines.

Durant les années d’étude au kollel, étant jeune marié, on peut étudier énormément de Torah et ceux qui auront l’intelligence et la sagesse de sponsoriser des Avrekhim en leur permettant ainsi de pouvoir absorber encore plus de Torah, auront fait une bonne affaire en cela qu’ils contribueront à faire avancer la connaissance de Torah.

Ps: Je m'excuse encore une fois si ces questions sont trop gênantes mais je suis très intéressé par votre personne ( Si vous ne voulez pas le publier sur le site je serais tout de même intéressé à recevoir par mail ) Merci.
On m’a déjà demandé de me présenter un peu plus que sur la note biographique du site : https://www.techouvot.com/rabbanim.html#b_wattenberg

Et j’ai donc ajouté quelques éléments que vous trouverez ici : https://www.techouvot.com/qui_est_rav_w ... highlight=

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 27 juin 2021, 12:38

Cinquième et dernier message :

A Anony :
Si la majorité des décisionnaires autorisent la perruque, c'est qu'ils ne considèrent pas que des cheveux en soi soient une pritsout et qui amènenent à des mauvaises pensées
Non, ils autorisent les perruques qu’ils considèrent Tsnouot, pas toutes.
Et ceci répondra à toutes vos questions.
Par exemple, les cuisses sont une pritsout qui amènent des mauvaises pensées, et aucun décisionnaire n'autoriserait à porter une robe si est dessinée dessus une cuisse nue.
Si des rabbins l’interdiraient, c’est bien parce que cela n’aurait aucune autre sorte d’utilité que d’attirer le regard, c’est en cela que votre exemple est mauvais et non comparable à des cheveux.
Mais « al pi halakha crue », n’était-ce cela (par exp. si tout le monde se promène ainsi, que c’est la mode et que ça n’attire pas le regard), ils auraient fait dépendre leur décision de la réalité du Hirhour entraîné, ce qui dépendra forcément de la qualité du dessin ; s’il s’agit de simples traits du genre d’un dessin d’un enfant, le Hirhour n’est pas au RDV.
Une femme n'a-t-elle pas le droit de se maquiller ? À moins que vous trouvez aussi ridicules que des femmes se maquillent (car elles deviennent plus belles que ce qu'elles étaient naturellement).
C’est le même problème, un maquillage « pour attirer le regard » sera considéré non-tsanoua.

Comme je l’ai écrit plus haut, il est difficile (et même impossible) de quantifier les choses avec précision. Tout dépendra de l’époque, l’endroit, les us et coutumes, la personne, etc.
La règle reste le bon sens, et pour ceux (/celles) qui en sont dépourvu(e)s, le peu de bon sens dont ils disposent leur indique de s’en remettre à l’appréciation de personnes dotées de ce qui leur fait défaut (-et sensibles à la cause, bien sûr).
Je veux dire que le critère de Tsniout devrait être que la perruque ne doit pas spécialement attiré le regard. Si la perruque embellit la femme mais n'attire pas le regard, pourquoi est-ce ridicule ?
Parfait, vous semblez comprendre ce que j’ai écrit dans mon précédent message mais sans le retrouver dans mes mots ; quand je parle de « plus belle », traduisez-le par « attire le regard ». (car vous pensez bien que le gueder de la Tsniout ne saurait être différent en fonction de la beauté des cheveux cachés sous la perruque ! une femme qui aurait une belle chevelure serait autorisée à porter une perruque comme ses cheveux, alors que sa voisine n’aurait pas le droit de porter la même perruque sous prétexte que ses propres cheveux seraient moins beaux ? !? Allons donc ! A ce compte-là, celle au crane défoncée que nous mentionnions plus haut, n’aurait droit qu’à une perruque du même style !)

Reste l’ambiguïté de la définition de ce qui « attire le regard », voyez ce que je vous ai écrit plus haut.
Les froum recommandent des perruques courtes qui ne dépassent pas les épaules, mais des cheveux de femmes de longueur normale n'attirent pas forcément le regard j'ai l'impression ?
En effet, vous avez « l’impression », mais vous devinez que ça dépendra des appréciations et de la réalité du terrain, je veux dire : l’époque, le pays, la mode… En Irak il y a 2000 ans (-et aussi assez récemment), même votre perruque courte serait considérée « pure Pritsout ».

Il y a encore le Rambam (Pirsoush Hamishnayot sur la Mishna de Shabbat 64b), le Shaltei Guiborim …
Des références que vous citez, je comprends que vous intervenez sur ce fil sans avoir lu tout ce qui précédait. Je vous comprends, c’est long et il y a plusieurs pages. Néanmoins, si vous vous reportez à la 1ère page de ce fil, vous verrez plusieurs messages où j’indique les sources Sfarades autorisant la perruque (dont le Shiltei Haguiborim et d’autres que vous citez ici).

Le Aroukh (péa) écrit que la perruque semble être comme ses cheveux. Il y a encore tous les poskim qui autorisent à avoir une perruque faite par ses propres cheveux ou les cheveux d'une autre femme (Shiltei guiborim shabbat 64b, Darkei Moshé O"H §303 et Beer Hetev §303, 8, Mishna broura au nom du Pri Mégadim et Kaf A'haïm ad loc). On peut encore le prouver de Nazir 28b et Rashi ad loc.
Oui, oui. Lisez la page 1 de ce fil. Vous serez surpris de découvrir qu’on ne vous a pas attendu pour parler de tout ça 😊 .
Comprenez aussi qu’une perruque faite à partir de ses propres cheveux à leur époque n’avait rien du réalisme des perruques d’aujourd’hui.
Il y a encore tous les Poskim qui ont parlé d'un problème de Marit Ayin dans les perruques, ça montre que les perruques avaient un certain réalisme, et donc une certaine beauté.
C’est toujours EN FONCTION de l’endroit et l’époque, c-à-d qu’il y a 1 ou 2 siècles, dans un endroit où le port de la perruque n’était pas encore répandu, le fait d’en porter une pouvait créer un souci de Marit Haayin (les gens n’étant pas habitués).
Mais DE NOS JOURS, porter cette même perruque qui date de leur époque ne poserait AUCUN problème de Marit Haayin.
Il ressort que les perruques n'étaient pas faites de pailles repoussantes (peut-être seulement à une certaine époque ?).
L’histoire de la perruque a connu des évolutions, il est clair que depuis mille ans, ce n’est plus la même perruque.
Pensez-vous que le Aroukh parlait des perruques modernes à la pointe des technologies qui existent aujourd’hui ?

J’ai une photo de mon arrière-arrière-grand-mère, en Pologne, elle portait une perruque (très courte) sur laquelle on ne peut pas avoir de doute qu’il s’agisse d’une perruque.
Elle ressemble un peu à celle de Mme Levinsohn, alias Mme Elyashiv, la maman de Rav Elyashiv dont vous verrez la photo dans le livre biographique sur Rav Elyashiv édité par Torah-Box en page 265 (la première page des photos à la fin du livre). Elle se trouve aussi ici : https://f7k6f9k9.ssl.hwcdn.net//mediaCa ... d763b0.jpg

[Info : La mère de Rav Elyashiv est née ‘Haya Mousha Elyashov (avec un O et non un I), c’était la fille du Baal HaLeshem, le Rav Shlomo Elyashov.
Elle est ensuite devenue ‘Haya Mousha Levinsohn en épousant Rav Avraham Levinsohn, ils n’ont eu qu’un enfant, le fameux Rav Yossef Shalom Elyashiv -né Yossef Shalom Levinsohn.
Puis, lors de leur Aliya (vers 1922 je crois), les visas étant rares et difficiles à obtenir, ils se sont regroupés avec le Baal HaLeshem sous un seul nom, le sien, parfois hébraïsé ou rendu israélien sous la forme de « Elyashiv » (mais il y a des documents officiels israéliens où il est nommé Elyashov).
Rav Elyashiv s’appelait donc Levinsohn jusque vers 11-12 ans, puis est passé à Elyashov ou parfois Elyashiv, pour finalement devenir de manière fixe Elyashiv. ]


Rav ‘Haim Kanievsky témoigne que sa grand-mère, la mère du ‘Hazon Ish, portait une perruque, ainsi que sa mère (épouse du Steipler) et sa tante (épouse du ‘Hazon ish). Cf. Or’hot Rabénou (V, p.96).

Ces perruques se remarquent tout de suite comme étant des perruques, ce qui était beau à l’époque est largement insuffisant pour les femmes d’aujourd’hui.

Voyez aussi les témoignages des non-juifs que je rapporte plus haut en page 1 https://www.techouvot.com/1-vt13657.htm ... sc&start=0 , vous constaterez que les perruques n’étaient pas au top.
(Je me suis inspiré du livre du Rav Shalom Dov Ber Wolff qui vient défendre et renforcer la position du Rabbi de Loubavitch, je cite -meshiah hashem shlita :-), contre plusieurs accusations à propos de la perruque en particulier celles de Rav Mazouz. Le livre s'appelle Leket Shikh'hat Hapéa http://www.kaduri.net/_Uploads/dbsAttac ... s/1(1).pdf )
[Son nom n’est pas Wolff mais Wolpe. C’est un patronyme qui existe chez les ashkenazim, en parallèle de Wolff qui est plus répandu.]

Ce qu’il écrit a été qualifié par rav Mazouz de Dvarim Betélim, paroles vaines pour lesquelles il ne voulait pas gaspiller de temps.
Etant donné que la vacuité (-selon Rav Mazouz) des arguments de ce livre ne saute pas aux yeux de tous, j’indiquerai un autre livre qui vient y répondre -en répondant aussi au livre homologue et du même acabit « Vetorah Yevakshou Mipihou », voyez le Vayaan Shmouel (VI, §38).

J’en ai déjà parlé en page 3 du sujet « Désaccords chez les grands », dans mon second message daté du 28 janvier 2019, ici : https://www.techouvot.com/3-vt18861.htm ... c&start=30
(là-bas, l’internaute l’avait nommé Rav Wolffo. Il n’a pas de chance avec les français ce rabbin…)

Je me cite :

Concernant le livre « Vetorah Yevakshou Mipihou » qui vient répondre à Rav Méir Mazouz qui avait critiqué certains minhaguim ‘Habad dans sa préface au livre « Eved Leavdei Hashem », il faut savoir que Rav Mazouz a lu cette réponse (=le livre Vetorah Yevakshou Mipihou ) et n’en a pas été convaincu, il reste sur ses positions critiques à l’égard de ces minhaguim [Voyez ici : https://www.ykr.org.il/question/8978 ] (bien qu’il soit de notoriété publique que Rav Mazouz ne fasse absolument pas partie des sempiternels ennemis de ‘Habad, au contraire, il est très proche des enseignements ‘Habad et reste très admiratif du fameux rav Nissan Pinson, Shalia’h en Tunisie et directeur de son école).

Des réponses écrites au livre de Rav Wolpe (et non Wolffo –à ma connaissance) se trouvent dans le Shout Vayaan Shmouel (VI, §38) et il y a même un ouvrage réservé à cet effet (=répondre au sefer « Vetorah Yevakshou Mipihou ») du nom de « Veal Titosh Torat Imekha ».


---------------- FIN DE CITATION ---------------

Le fond des divergences entre rabbanim Sfarades et Ashkenazes sur la perruque, repose souvent sur des données culturelles.

Les rabbanim des pays arabes sont très réticents voire interdisent la perruque, car elle était considérée Proutsa dans leur éducation.
J’en parle plus haut, en page 1 ou 2.
C’est le cas de Rav Ovadia Yossef et de Rav Méir Mazouz qui viennent d’Irak et de Tunisie, et c’est le cas de tous ceux qui suivent ROY.

Alors que pour le Rabbi de Loubavitch ou pour Rav Wolpe, la perruque est nécessairement « mieux » que le foulard qui laisse généralement dépasser quelques cheveux et était très habituelle en Europe.
(On peut constater que les non-juifs européens ignoraient souvent l’habitude juive du foulard et pensaient que toutes les juives mariées se couvraient la tête avec une perruque, voyez par exemple : A. Vincent, Le Judaïsme, Mayenne 1932, p.205 en bas.)

Rav Mazouz reconnait au Rabbi qu’il puisse y avoir des préférences pour la perruque en ‘houts laarets, mais il les nie en Israël (je crois que c’est même cité dans ce livre que vous indiquez).

PS: étant donné la longueur de mon message, surtout des 5 messages additionnés que je viens de poster sur ce fil, je ne me relis pas, tout en priant les lecteurs de faire preuve d'indulgence concernant les erreurs et fautes dans ces 5 messages.

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 21 juil. 2021, 10:48

Plus haut j’ai écrit : « Sachez également que je n'ai pas oublié la gmara de Mena'hot 99b (vers le bas) et que j'ai pu lire ces les lectures "profanes" (que j'ai cité) dans les conditions qui ont permis à Rabbi Yaakov Emden d'en faire autant, comme il l'écrit dans son Meguilat Sefer (éd. Jérusalem 1979, page 126). »

Et on m’a demandé ce que ça signifiait et à quoi je faisais allusion dans le livre du Yaabets, et j’ai répondu :

« Au fait de lire les livres « ‘hol » aux toilettes.
Si vous n’avez pas accès au livre Meguilat Sefer cité, vous pourrez aussi lire la même chose dans son Ets Avot (Le’hem Shamayim, II, 14 -daf 20b).
»


J’ajoute aussi à présent que l’idée elle-même se retrouve déjà chez les ‘Hazal, un Midrash nous dit dans le Yalkout Shimoni (Torah Remez 940) que (l’amora) Shmouel disait que la Torah ne se trouve pas chez les astrologues/astronomes/scientifiques qui scrutent le ciel (car cela prend du temps d’étudier le chemin des étoiles et ce n’est pas compatible avec l’apprentissage de la Torah).

On lui a alors rétorqué qu’il était pourtant lui-même scientifique/astronome.

Et il répondit qu’il n’étudia cela qu’aux toilettes.

Ce Midrash est aussi cité par Rabénou Be’hayei (Dvarim 30, 12).

000
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Message par 000 » 02 mai 2024, 22:54

Bonsoir Rav

je voudrais tout d abord vous remercier pour vos réponses clairvoyantes et instructives.

dans votre premier post sur ce fil (p1) vous excluez le problème de avoda zara de façon assez concise.
Or je découvre ces derniers temps que ce problème est plus sérieux que ca. Il me semble qu'un seul hekhsher a pris la responsabilité de contrôler l origine des perruques et que les autres badatsim ont vite abandonné cette démarche de traçage des cheveux.

Est ce moi qui suis désinformé (enlisant des brochures trop extrémistes) ?
Est ce que les choses ont évolué (vers la houmra) ou bien est on mieux au courant de ces pratiques hindous depuis ?

Merci d'avance

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 28 juil. 2024, 10:32

je voudrais tout d abord vous remercier pour vos réponses clairvoyantes et instructives.
Avec plaisir.
dans votre premier post sur ce fil (p1) vous excluez le problème de avoda zara de façon assez concise.
Or je découvre ces derniers temps que ce problème est plus sérieux que ca. Il me semble qu'un seul hekhsher a pris la responsabilité de contrôler l origine des perruques et que les autres badatsim ont vite abandonné cette démarche de traçage des cheveux.

Est ce moi qui suis désinformé (enlisant des brochures trop extrémistes) ?
Est ce que les choses ont évolué (vers la houmra) ou bien est on mieux au courant de ces pratiques hindous depuis ?
J’aurais tendance à supposer la première possibilité.

Il faut savoir que cette « crise des perruques » revient sur la scène halakhique tous les 15 ou 20 ans et se calme par la suite, bien que certains rabbins restent fermement convaincus que c’est clairement assour et Avoda Zara etc.

Des Rabanim se sont renseignés sur le rite en question, il apparait qu’à aucun moment les cheveux ne sont consacrés à la Avoda Zara, ils sont offerts au prêtre, c’est totalement différent.

Ceci étant dit, je ne suis pas un expert en la matière et je ne suis pas allé enquêter sur le terrain. Je rapporte seulement ce que j’ai lu dans des sfarim et ce que m’ont confié des « Rabanim de terrain », attesté par différentes lectures de Shoutim qui témoignent de périodes de doutes à différentes époques.

Je me souviens lors de la première crise perruque du XXIème siècle (au début des années 2000, je ne sais plus vraiment en quelle année), des affiches étaient placardées pour encourager les femmes à brûler leurs perruques, et beaucoup l'ont fait.
De nouveau, des envoyés et enquêteurs ont été dépêchés et la conclusion a été, comme la fois précédente, discutée. La majorité des Rabanim disait qu'il n'y avait pas de problème et il y en avait toujours un ou deux pour dire qu'il y a tout de même un 'hashash...
A l'époque déjà, on avait souligné qu'il y avait déjà eu une crise similaire une quinzaine d'années avant (fin XXème siècle).

La conclusion est toujours qu'il n'y a aucune consécration à la Avoda Zara elle-même, mais ça prend quelques mois avant de l'établir clairement.

Les véritables gagnants de ces affaires (qui frisent parfois le ridicule) sont les vendeurs de perruques, car celles qui ont brulé la leur, sont allées acheter une perruque synthétique, et une fois que 2 ou 3 mois se sont écoulés et qu'on a (une nouvelle fois) certifié l'absence de problème halakhique, ces femmes sont retournées acheter une nouvelle perruque en cheveux naturels...

On pourrait donc soupçonner les vendeurs de perruques d'être à l'origine de ces rumeurs, mais je crois plutôt qu'il s'agit de Makhers qui s'ennuient et "vivent" de ces situations qui les font jubiler, sans qu'ils n'aient aucun remord pour les milliers de foyers à qui leur inconséquence va causer une perte et un grand trou dans le budget.

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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 28 juil. 2024, 10:32

Concernant les femmes Sfarades qui habitent en France, la différence que je fais entre elles et celles qui habiteraient encore en Irak (/Iran/ Syrie…), c’est qu’en arrivant et en s’installant dans un pays ashkenaze, ou du moins un pays où le Minhag est d’autoriser la perruque, cela devient autorisé pour elles aussi.

Le Maharam Alaskar (§35) cité par le Maguen Avraham (§75, sk.4) écrit que les femmes qui habitent un pays où l’on ne laisse pas dépasser le moindre cheveu du foulard, qui émigrent vers un pays où l’on laisse dépasser quelques cheveux, pourront suivre l’habitude locale et laisser dépasser quelques cheveux (si elles s’installent dans ce pays avec l’intention d’y rester).

Le Maguen Avraham (op cit) indique que le Zohar interdit strictement le découvrement ne serait-ce que d’un seul cheveu et conclut qu’il convient de suivre cette règle stricte, mais concernant la perruque, les dires du Zohar ne s’y opposant pas (voire l’inverse pour certains, étant donné que la perruque couvre généralement mieux que le foulard), les femmes Sfarades venant habiter un endroit où l’on autorise la perruque, pourront elles aussi se conformer à l’habitude locale.

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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 03 sept. 2024, 09:23

Parmi les témoignages non juifs sur le port répandu de la perruque chez les juives il y a un siècle (cf. plus haut en page 1 https://www.techouvot.com/viewtopic.php?p=28902#28902 ), voir encore Albert Londres dans Le juif errant est arrivé (Paris 1998, p.195 et 219) qui parle des perruques des juives comme d’une choses habituelle et évidente…

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