LES SPECTACLES POUR DES ŒUVRES DE TSEDAKA
Modérateurs : RAV hai AMRAM, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav Imanouel Mergui, Les Rabbanim
LES SPECTACLES POUR DES ŒUVRES DE TSEDAKA
QU'EN PENSEZ VOUS ?
LA FIN (LA FAIM ?) JUSTIFIE-T-ELLE LES MOYENS ?
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Eee_pc_series
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- Enregistré le : 17 avr. 2007, 21:27
- Localisation : Paris
s'ils veulent vraiment faire une mitsva chléma (entière) ils devraient par exemple mettre en place une mé'hitsa (séparation entre les hommes et les femmes) ou laisser un peu plus la parole aux rabbanim et revoir leur liste "d'invités de marque".
Organiser une telle soirée avec un tel thème dans un tel endroit peut suciter plusieurs contradictions et cela est justifié.
Néammoins, la société juive française en général et celle de Paris en particulier est très délicate à définir sur le plan identitaire: On ne sait pas exactement quel est "l'état religieux" de cette population. On ne peut pas savoir comment les gens vivent leur judaïsme (pour ceux qui le vivent encore...), à partir de là il faut trouver les moyens nécessaires pour entretenir dans ces communautés ce "cordon ombilical" qui les relie de façon "ludique" et interressée à la religion.
Et c'est là le vrai challenge auquel est exposé le corps rabbinique en France: Faire des petites concessions envers la communauté en allant un peu sur leur terrain, en communiquant avec leur langue, et en contrepartie on espère maintenir voir créer les liens entre fidèles et religion.
Dès lors revient le problème dont je parlais au début: La fin justifie-t-elle les moyens ? C'est une autre dimension que seuls de grands rabanims peuvent définir.
Par ailleurs cet "épisode" Tsedaka n'est qu'un révélateur parmi tant d'autres montrant ce qu'on apelle "yéridat hadorot" (la dégringolade spirituelle des générations). Ceci peut s'expliquer par la vie qui veut que nous soyons plus impliqués dans le domaine social: Se calquer aux schémas qu'on nous propose sans prendre le temps d'y reflechir. Le modèle social impose des normes et nous nous sentons "obligés" d'y adhérer sans quoi nous sommes tout de suite marginalisés. Dans l'absolu, il faut évidemment s'accrocher à un système social (c'est LE fondement de la vie en société), mais en tant que juif cela est un peu plus difficile car il faut superposer deux systèmes souvent imcompatibles: Le modèle social tel qu'il existe aujourd'hui dans sa majorité, et la Torah. Et c'est cela la vraie difficulté d'un juif "moderne" vivant dans un tel système social. Nécessairement, des valeurs spirituelles religieuses vont s'effilocher avec le temps, avec les contraintes, avec la fatigue... Et nous arrivons à perdre beaucoup.
Alors est-ce que c'est dans cet esprit que cette soirée a été organisée ? A-t-on pensé au plus haut niveau qu'organiser une soirée-Tsedaka dans un tel lieu serait le meilleur moyen adapté pour faire de cette soirée un succés ? Je ne sais pas, mais par contre une chose est sûre: Il ne faudrait pas tomber dans le piège de la critique facile car derrière tout ce systeme se cachent des rabbins qui savent ce qu'ils font et ce n'est pas parce que NOUS ne sommes pas d'accord qu'il faut obligatoirement critiquer. On ne peut le faire qu'après avoir pris connaissance de toutes les motivations des organisateurs, et encore...
Personellement je ne comprend pas l'intêret du choix d'un tel lieu mais bon, il y a beaucoup de choses beaucoup plus importantes que je ne comprend pas aujourd'hui et que j'espère comprendre un jour.
Prions pour que Hachem nous donne l'intelligence pour vivre dans l'équilibre de la Torah et que nos soufrances s'arrêtent car elles ont assez duré.
Nous avons payé la facture, il nous faut revenir à la maison.