Amour et Thora
Modérateurs : RAV hai AMRAM, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav Imanouel Mergui, Les Rabbanim
Amour et Thora
je suis dati (pratiquant) et très croyant evidemment. contrairement a bcp de juifs religieux, je pratique la religion tout en prenant soin de conserver l'idee de l'amour de son prochain. malheureusement pour moi, je suis tombé amoureux d'une fille non-juive, qui respecte a 100% mes convictions religieuses... que puis-je faire car les sentiments sont quelque chose contre quoi on ne peut pas lutter, et cette non-juive reste avant tout une creature de Hachem. mais d'un autre coté, la religion est la religion. comme je l'ai dit, je suis religieu et croyant, mais je sais que l'amour est qqchose de primordial chez le peuple juif. comment trouver le juste milieu sans froisser ni la Thora, ni la ahava?
---- shimon ----
- Rabbin Marc Meyer
- Rav
- Messages : 500
- Enregistré le : 25 déc. 2003, 11:36
- Localisation : Modiin Ilit
Il semble que dans la Torah c'est le contraire qui est affirmé.
Prenons l'exemple de l'homosexualité, très sévèrement réprimée par la Torah, est-il impossible pour un autre homme de refouler ses sentiments pour un autre homme ? Si tel est le cas, comment D-ieu peut-Il exiger de nous une chose impossible ?
Imaginons qu'un juif tombe amoureux d'une femme mariée ou de toute autre femme que la Torah ou les Sages lui interdisent, il est confronté à une épreuve, certe très difficile à surmonter, mais c'est cette épreuve que D-ieu lui envoie et pas une autre. A lui de montrer ses qualités, son courage, sa foi, ses convictions et le niveau de son identité juive.
Il ne faut pas oublier que, connaissant nos faiblesses toutes humaines, la Torah attend de nous que nous prenions toutes les précautions susceptibles de nous éviter ces épreuves difficiles à surmonter.
Peu importe les qualités qui peuvent être exceptionnelles chez cette non-juive, avec tout le mérite et les récompenses qui seront les siennes dans le monde à venir - dans ce monde-ci elle nous est interdite.
N'oublions pas non plus qu'il y a comme un geste de trahison et de rupture vis-à-vis de toutes les générations qui pendant des siècles et des millénaires ont gardé la chaîne continue malgré les difficultés et les épreuves autrement plus dures que celles d'aujourd'hui.
Enfin, imaginons que malheureusement, comme beaucoup de nos frères, on en vienne à épouser ou à avoir un enfant de cette femme.
Premièrement , comme le précise le Rambam, il ne sera jamais le fils de son père biologique selon les lois de la Torah, et ce, même s'il se convertit par la suite.
Deuxièmement, quelle éducation juive une mère non-juive peut-elle donner avec la meilleure volonté du monde ? Plus tous les conflits à venir : enfant considéré comme juif chez les non-juifs et non-juif chez les juifs !!!
Et volontairement, je ne rentre pas dans le problème de la conversion de la mère. C'est un sujet très difficile à résoudre et que l'expérience prouve être dans la très grande majorité des cas une "non-solution".
Amour et Torah
Il me semble important de faire remarquer- ce que rav Meyer n'a pas fait, ce que je ne lui reproche pas, il a simplement omis de le signaler tellement d'arguments existent pour répondre à cette question- que souvent le yetser hara a pour argument le choulhane aroukh, le rambam, la gmara...
Ici, l'auteur de la question se base sur l'idée que "l'amour est qqch de primordial pour le peuple juif" pour justifier son attirance vers une non juive. Donc, si je comprends bien, l'auteur de la question se sert d'un concept juif pour justifier quelque chose de fortement prohibé par le judaïsme.
En ce qui concerne cette remarque, elle est tout simplement erronée, l'amour est en effet primordial dans notre peuple, mais pas au sens où les sociétés occidentales l'entendent. Je conseille vivement de lire à ce sujet ce qu'en a écrit rav Tatz dans le livre "jeune et juif aujourd'hui", qui, ce que n'indique pas le titre peut être lu à n'importe quel âge.
Vous comprendrez alors que l'idée du coup de foudre et de l'amour par attirance spontanée n'a rien de juif.
Kol touv