"les regrets d'HaCHeM"

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DVD717
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"les regrets d'HaCHeM"

Message par DVD717 » 29 oct. 2004, 10:10

Shalom,

J'ai découvert dans Soucca 52b que nos sages parlent des 4 regrets de D*ieu , pour l'un d'eux l'exil du peuple juif (qui est une force aujourd'hui)

1 - Quels sont les 3 autres "regrets d'HM"?
2 - Comment D*ieu peut -il regretter quoi que se soit alors qu'il connaît le déroulement de toute Sa création ? Même s'il nous a laissé le libre arbitre...

Je me suis toujours posé la question si D*ieu au vu de la folie des hommes à travers les temps ne regrettait pas d'avoir créer le Monde.

merci de me répondre

Kol Tov

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 09 nov. 2004, 14:46

En plus de l’exil, le même texte de la Guemara Souka énumère les trois autres regrets de Hachem : les Chaldéens, les Ismaélites et le yétsèr hara’ (« inclination au mal »).
L’exil, car il est écrit : « Et maintenant, qu’ai-je [à faire] ici, dit Hachem, que mon peuple ait été enlevé gratuitement ? » (Isaïe 52, 5).
Les Chaldéens, car il est écrit : « Vois le pays des Chaldéens : ce peuple n’existait pas » (Isaïe 23, 13)
Les Ismaélites, car il est écrit : « Elles jouissent de la paix, les tentes des brigands… » (Job 12, 6). A noter que Rachi (ad loc.) renvoie aux descendants d’Ismaël.
Le yétsèr hara’, car il est écrit : « En ce jour-là, parole de Hachem, Je rassemblerai [ceux sur lesquels] J’avais fait venir du mal » (Michée 4, 6).

On trouve la même expression des « regrets » de Hachem dans Berèchith 6, 6, avant qu’Il ait pris la décision de noyer le monde sous le déluge. Ce regret est illustré par un Midrach rapporté par Rachi :
Un idolâtre a demandé un jour à rabbi Yehochou‘a ben Qor’ha :
« Ne professez-vous pas que le Saint béni soit-Il prévoit l’avenir ? – Bien sûr que si ! répondit-il. – Il est écrit pourtant : “Eloqim s’affligea en son cœur” » !
Le maître lui fit observer :
« As-tu jamais eu un fils ?
- Oui !
- Et qu’as-tu fait à sa naissance ?
- Je me suis réjoui, et j’ai fait participer tout le monde à ma joie.
- Tu savais bien, pourtant, qu’il est destiné à mourir un jour !
- Quand c’est le moment de se réjouir, on se réjouit. Quand c’est le moment de pleurer, on pleure ! »
Et rabbi Yehochou‘a de conclure : « C’est exactement ce qu’a fait le Saint béni soit-Il. Il savait d’avance que l’homme finirait par pécher et mériter sa perte. Il n’a cependant pas renoncé à le créer, à cause des justes qui viendraient à naître. »

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Rabbin Marc Meyer
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Message par Rabbin Marc Meyer » 15 nov. 2004, 01:45

Le paradoxe de "Yediah" et "Be'hirah" nous complique beaucoup quelqu'approche d'explication que ce soit quand il est question d'un regret divin.

Rav Yaakov Ettlinger, dans son "Arouch Laner", précise tout de suite que D-ieu se plaint des péchés d'Israël qui l'ont obligé à les mettre en exil. Ce n'est pas un simple regret dû à un changement unilatéral.

Et là encore, l'antropomorphisme habituel, dans la Torah et dans les 'Hazal, est un vecteur d'enseignement, de correction de notre façon de penser, de notre optique, remettant nos opinions sur les rails de la Torah.

Dans une optique du parfait, le mal ne devrait pas exister. Il est dommage de devoir en passer par là. D-ieu le regrette. Une vision d'un monde idéal, c'est un monde où le mal n'existe pas. Il est certe indispensable - mais comme repoussoir !

Un point me tracasse dans cette Guemara Soukah.
Comment se fait-il que la Guemara ne rapporte pas en premier lieu, le regret de D-ieu d'avoir créé l'homme, comme il est écrit explicitement dans Bereïschith ? "Vayina'heïm ..." et "Ki Ni'hamti Ki Assissim".
Il est vrai qu'il s'agit d'un autre verbe que celui qu'utilise la Guemara. Le verbe de la Guemara est "'Hareth", le nominatif "'Haratah".

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