Nom et références para-judaiques
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Emmanuel BLOCH
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Nom et références para-judaiques
une question m'intrigue : de nombreux Juifs religieux ne veulent en aucun cas prononcer le nom du "Messie" chrétien, mais y font référence par des allusions plus ou moins péjoratives : "Yochka", "l'Acrobate", etc.
Un ami personnel ne veut même pas prononcer le mot "chrétien" - malgré ma réprobation, il dit "crétin" !
Quelle est la base halakhique pour ceci ?
J'imagine, sans avoir contrôlé les sources, que le nom d'une idole peut (doit ?) être traité avec mépris.
Mais si cela est le cas, alors j'ai un autre problème : autour de nous, on trouve dans de nombreux mots d'usage courant des noms d'Avoda Zara. Par exemple, "janvier" est le mois de Janus, la divinité aux deux têtes, qui regarde l'année qui finit et celle qui commence. Ou encore "lundi" est le jour de la lune. Et ainsi de suite...
Par ailleurs, comme chacun le sait aujourd'hui, les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus - je n'ai jamais rencontré aucun juif "frum" qui hésiterait à prononcer cette phrase, alors qu'elle contient explicitement les noms de deux anciennes divinités romaines.
Sommes-nous plus stricts avec le dieu chrétien parce que nous baignons dans cette culture ?
- Jacques Kohn ZAL
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Il existe dans la Guemara de nombreuses références à cet homme, souvent appelé Yéchou ha-notzri (« Jésus de Nazareth »). Ces références ont été longtemps occultées par les éditeurs, soit sous l’influence des censeurs chrétiens, soit sous celle de l’auto-censure pratiquée par les rabbins. Elles ont été aujourd’hui rétablies dans les éditions courantes.
Je citerai, sans que cette énumération soit limitative : Sanhédrin 107b, Sota 47a et Guitin 57a.
Est-ce à dire que les Amoraïm étaient moins scrupuleux que ceux dont vous critiquez le vocabulaire ?
J’ajouterai que nous devons « savoir que répondre à un hérétique » (Avoth 2, 14), c’est-à-dire à celui qui « méprise la Tora » (Bartenoura). La nécessité de savoir lui répondre implique, à mon avis, un minimum de considération, ou en tous les cas une absence de mépris pour ses croyances.
Quant à votre autre question, je vous dirai simplement qu’il n’y a pas que les mois et les jours de la semaine à prendre leurs noms dans les divers panthéons païens. La langue française contient de nombreux mots et de nombreuses expressions, employés couramment par nos coreligionnaires, et difficiles à dissocier de leurs origines païennes ou chrétiennes, comme « crucial », « calvaire », ou simplement le mot « D’eu », dont on sait qu’il « descend » de « Zeus ».
Il en va de même de certains prénoms, dont beaucoup de gens ne savent pas qu’ils sont quelque peu « sulfureux ».
Exemples : « René », issu du latin « Renatus », c’est-à-dire « ressuscité », ou « Virginie », dont les origines sont à l’évidence chrétiennes.
En réalité, si l’on va au fond des choses, il nous faudrait abandonner nos langues vernaculaires et ne parler et écrire qu’en hébreu. Et encore, je ne suis pas sûr que cette langue, du moins celle parlée en Israël, n’a pas été « contaminée » !
N'existe-til pas néanmoins un problème à dire Jésus-"Christ" ce dernier terme signifiant "oint", c'est-à-dire littéréralement le "machia'h" ?
Ne peut on pas comprendre la réticence à prononcer la deuxième partie de l'appellation -sans pour autant lui substituer un nom fantaisiste-, l'utilisation de cette deuxième partie valant reconnaissance du caractère mesianique de Jésus ?
Merci
- Jacques Kohn ZAL
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J’ajoute que l’expression « ère chrétienne », telle qu’elle est employée par beaucoup de gens, y compris parmi les nôtres, laisse planer une équivoque de même nature, raison pour laquelle on préfère souvent : « ère commune ».
(Quant à « ère vulgaire », compte tenu de la rareté des latinistes en notre siècle, je la déconseille. Si le mot vulgaris veut dire : « qui appartient à tout le monde », « général », « commun », le mot français auquel il a donné naissance possède aujourd’hui un sens péjoratif tout à fait différent.)
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Emmanuel BLOCH
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- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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Il est évident que cette idée de louange ne saurait en aucun cas être associée à celle d’idolâtrie. Cela n’ôterait donc rien à ce que j’ai déjà écrit.