Kadich et refoua shelema pour goy
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Kadich et refoua shelema pour goy
Peut on donner le nom d'un goy lors de la bénédiction collective de refoua shelema faite à Chah'rit Chabbat?
Sur le Kaddich, est-il nécessaire de connaître la date de décès pour que le Kaddich serve à l'élévation de l'âme d'un défunt?
Les goyim bénéficient-ils aussi du Kaddich, car je suppose que leur âme a aussi besoin de s'éléver?
Je pose ces questions car j'ai un ancêtre qui était peut-être juif et pour qui probablement personne n'a pu dire Kaddich.
Merci de votre aide.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Même si c'est mieux (de réciter le kadish à la bonne date), le kadish fait son effet dans tous les cas.Sur le Kaddich, est-il nécessaire de connaître la date de décès pour que le Kaddich serve à l'élévation de l'âme d'un défunt?
Oui. Mais si le nom est caractéristique, il sera peut-être préférable -en fonction du public- de le "maquiller" quelque peu afin de ne pas entrer en conflit avec certains à qui cela pourrait déplaire.Peut on donner le nom d'un goy lors de la bénédiction collective de refoua shelema faite à Chah'rit Chabbat?
L'interdit de guérir un idolâtre (Shoul'han Arou'h Yoré déa §158, 1) ne concerne pas un "goy normal".
L'"idolâtre" est -dans le Talmud- le symbole du barbare cruel , dangereux criminel qu'il vaudrait mieux laisser mourir afin qu'il ne tue plus personne.
Ceci, bien évidemment ne concerne pas un goy qui se comporte normalement, pourquoi ne pas le guérir ou au moins prier pour sa guérison?
D'ailleurs de très nombreux illustres rabbins étaient médecins et soignaient des non-juifs.
Comme Maïmonide et Na'hmanide -par exemple.
Certains répondront que Maïmonide soignait des musulmans qui ne sont pas idolâtres mais qu'on ne peut pas soigner des chrétiens.
Je répondrais alors: que dire des rabbins médecins qui vivaient parmi les chrétiens en Europe sur lesquels on sait clairement qu'ils soignaient les non-juifs aussi?
D'autre part le Rosh et Tosfot sur Sanhédrin 63b nous disent que les non-juifs ne sont pas concernés par l'interdit de "shitouf" (associer une divinité à D...) et par conséquent le non-juif qui croit en la Trinité ne transgresse pas l'interdit de "Avoda zara" au regard de la Thora (même si cette même Thora interdit strictement aux juifs le "shitouf").
Cette décision est mentionnée dans le Shoul'han Arou'h dans les annotations du Rama (dans Ora'h 'haim §156).
(Je sais que certains A'haronim, dont le rav Shmouel Landau -dans le responsa de son père, Noda Biyehouda II, y"d §148- veulent dire que ce n'est pas l'intention du Rama, et proposent une nouvelle lecture dans les paroles du Tosfot et du Rama, mais cette théorie me semble insoutenable en ce qui concerne le Rama car ce même Rama se répète ailleurs (Darkei Moshé Yoré déa §151) dans un langage qui ne permet aucune autre interprétation.
Aussi l'opinion retenue par la ala'ha est que les chrétiens n'ont pas le statut d'idolâtres.)
Par conséquent il est permis de guérir un chrétien et à plus forte raison de prier pour sa guérison.
Voir shut Beit Shearim (rav Amram Blum) Yoré déa §229 , qui permet de prier pour un non-juif même si l'on n'est pas certain qu'il se conduit bien, car dans le cas où il serait Rasha, D... n'exaucerait pas notre prière.
D'ailleurs dans le Shoul'han Arou'h Ora'h 'haim §690, 16 (dont la source est le Talmud de Jérusalem Meguila III,7 -et pas dans le 4ème chapitre de 'Haguiga indiqué par le Béer Agola ad loc) il est dit qu'il faut dire "vegam 'Harbona za'hour latov" alors que ce 'Harbona n'était pas juif.
Mais comme il était bon, on prie pour lui en le bénissant.
Les goyim bénéficient-ils aussi du Kaddich, car je suppose que leur âme a aussi besoin de s'éléver?
En ce qui concerne le Kadish, puisque c'est une prière, la règle sera la même, et il sera permis de dire Kadish pour un ancêtre goy (et cela lui sera profitable bien entendu).
Voir shut Zkan Aaron (II,87) , et shut Ye'havé Daat (VI, 60) qui permet.
Voir encore shut Mimaamakim (Oshry) (III,8) concernant le kadish pour l'âme d'une non-juive qui a prit des risques afin de sauver des juifs durant la guerre.
Le rav Oshry écrit que c'est une mitsva de prier pour elle ainsi que de dire kadish.