L'interdit de représentation
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L'interdit de représentation
Autrement dit si toute peinture, sculpture est frappée d'interdit est-ce que la création d'un personnage, dans un roman par exemple peut être assimilée à la création d'une image interdite.
Y a t-il des interdits liés à la pratique de l'écriture (je ne parle pas de celle du Chabat par exemple...) mais d'une manière plus générale ?
D'avance merci de votre réponse.
EH
- Jacques Kohn ZAL
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interdit de représentation
Je pensais que toute représentation visuelle était proscrite notamment à cause de la fascination qu'elle pourrait susciter et donc le risque d'idolâtrie.
Y a t-il des textes ou des commentaires qui traitent particulièrement de l'image et de l'écriture ?
Encore merci,
EH
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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L'interdit de représentation
Par exemple l'interdiction de faire une image de « ce qui est en haut dans le ciel, ou en bas sur la terre » (Ex 20, 4 ; Dt 5, 7). Et par exemple : « Tous les visages sont permis sauf le visage de l’homme » (Roch haChana 24b).
Lévinas a lui même bien montré dans "La réalité et son ombre" et plus tard dans une note de "Autrement qu'être ou au-delà de l'essence", tous les dangers de l'image qui fige le temps et conduit à la "stupidité de l'idole", il parle même d'égoïsme honteux... Il n'hésite pas à affirmer que « la proscription des images est véritablement le suprême commandement du monothéisme, d’une doctrine qui surmonte le destin - cette création et cette révélation à rebours ».
Tout cela pour dire qu'il me semble que la représentation visuelle ne vas pas de soi.
L'art n'écarte-t-il pas l'homme de D-eu ?
Cordialement,
EH
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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Le Choul‘han ‘aroukh Yoré dé‘a qui codifie cette interdiction précise qu’il est interdit de posséder une idole (141, 4), mais il opère une distinction entre la fabrication d’images en creux, qui est permise, et de celles en relief, qui est interdite.
Il n’existe cependant aucune interdiction quant à la possession d’images bi-dimensionnelles, qu’elles soient peintes ou obtenues par photographie.
Et même pour ce qui est des jouets d’enfants comme les poupées, la plupart des gens suivent l’avis du ‘Hokhmath adam (85, 6) qui estime qu’il est permis de posséder aujourd’hui de telles « images ». En effet, considère-t-il, la raison de leur interdiction tenait à ce que l’on voulait éviter jadis que leurs possesseurs fussent soupçonnés d’idolâtrie clandestine. Cela n’est plus le cas de nos jours, où l’idolâtrie classique a cessé d’être pratiquée.
Rappelons les nombreux portraits de Juifs éminents, y compris de rabbins, réalisés par des artistes célèbres, comme ceux de Manassé ben Israël exécutés par Rembrandt. Et s’il est vrai que certains Juifs d’une orthodoxie extrême refusent aujourd’hui encore de se laisser photographier, il s’agit là d’une attitude considérée comme outrancière par la plupart des courants de stricte observance.