Soi-même et l’âne de son ennemi
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Marc MEIMOUN
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Soi-même et l’âne de son ennemi
Quelle différence y a-t-il entre ces deux versets ?
- Jacques Kohn ZAL
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Rabbeinou be‘hayei (ad Chemoth 23, 5) propose une explication supplémentaire prenant appui sur Baba Metsi‘a 32a pour justifier la coexistence de ces deux versets :
On aurait pu penser que le verset dans Devarim, qui édicte l’obligation de « recharger » le fardeau de l’animal étendu sur la voix publique, rend inutile celui dans Chemoth qui impose celle de « décharger ».
En effet, si la Tora impose de « recharger » alors que cela n’occasionne pas de souffrance à l’animal, il devrait en être de même à plus forte raison lorsqu’elle nous demande de « décharger », puisqu’il y a alors souffrance de l’animal.
En vérité, les deux mitswoth de « charger » et de « décharger » sont de natures totalement différentes : Celle de « décharger » est à exécuter gratuitement, tandis que celle de « charger » peut être rémunérée. Cela signifie que l’interdiction de causer des souffrances à un animal est une mitswa mideoraytha (« mitswa prenant sa source dans la Tora »).
De même Rambam stipule-t-il (Hilkhoth rotséa‘h ou-chemirath néfèch 13, 13) que si l’on se trouve simultanément en présence d’un homme qui cherche à décharger son animal, et d’un autre en train de le charger, on a l’obligation d’aider le premier, et non le second, et ce afin d’épargner des souffrances à l’animal.
Deux autres explications nous sont proposées par Ramban (ad Devarim 22, 4) :
1. Le verset dans Chemoth édicte une mitswa « active » : « Aide à décharger ! », tandis que celui dans Devarim institue au contraire une interdiction (« Tu ne verras pas »).
2. L’un des deux versets parle de « ton ennemi » (Chemoth 23, 5), et l’autre de « ton frère » (Devarim 22, 4), cela pour t’apprendre que si tu agis ainsi, tu te rappelleras qu’il est ton frère, et tu oublieras la haine.