Les sentiments de Dieu
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Les sentiments de Dieu
Et comment ne pas tomber dans le piège du Dieu froid et impersonnel?
- Jacques Kohn ZAL
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
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1. Rambam se penche à plusieurs reprises sur la signification des anthropomorphismes employés par la Tora et par les autres livres bibliques pour désigner Hachem.
Dans ses Hilkhoth Yessodei ha-Tora (1, 9), il examine un certain nombre de cas qui interdisent de prendre ces anthropomorphismes au pied de la lettre.
Par exemple, lorsque Hachem annonce qu’Il « aiguise l’éclair de Son épée et que Sa main saisit le jugement » (Devarim 32, 41), il s’impose naturellement à l’esprit que ce ne peut être qu’une figure allégorique.
Il en va de même lorsqu’un prophète rapporte qu’il a vu Hachem vêtu de « blanc comme neige » (Daniel 7, 9), ou qu’un autre annonce qu’Il « viendra d’Edom, de Botsra, avec des habits teints en rouge » (Isaïe 63, 1).
De même, le mot qina (« jalousie ») a toujours le sens d’une affirmation de Sa supériorité et de punition de ceux qui Lui sont infidèles (Rachi ad Chemoth 34, 14).
On peut donc dire, sans entrer dans d’autres détails, que les émotions que l’Ecriture attribue à Hachem ne sont rien d’autre que la transposition des sentiments humains à des fins pédagogiques.
2. Ainsi que je l’ai déjà écrit en réponse à une autre question, s’il avait été écrit, dans les Dix commandements : « Je suis Hachem… qui ai créé le ciel et la terre », cela aurait impliqué une divinité totalement transcendante qui, après avoir créé l’univers, s’en serait entièrement désintéressée.
Cela aurait été la parole du « Dieu froid et impersonnel » envisagé dans votre question.
En proclamant qu’il a « fait sortir les enfants d’Israël du pays d’Egypte », Hachem a manifesté qu’Il est « dans » et non « hors de » l’histoire, et que la puissance qu’Il exerce est immanente, et non uniquement transcendante.
Les sentiments de Dieu
Par ailleurs, lorsque je Lui dis "Merci, mon Dieu", je doute qu'Il me réponde "De rien, Nathan!". Et, s'il est clair que j'ai un peu plus conscience de Sa gloire en ces moments, et que cela m'apporte également quelque chose, qu'"éprouve"-t-Il à ce moment là?
Cordial shalom
(Je me permets de vous rappeler ma remarque par mail, et ma question afférant au sujet dans "Question un peu compliquée peut-être)
- Jacques Kohn ZAL
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En réalité, pas plus que les anges, Hachem n’éprouve d’émotions ni ne manifeste de désirs, du moins au sens humain du terme.
Lorsque nous parlons de « Sa volonté », nous n’exprimons pas l’idée d’une relation analogue à celle qui s’applique aux hommes, et qui consiste à laisser certains d’entre eux imposer leur domination sur d’autres.
Il me semble que, pour le judaïsme, la volonté divine désigne tout autre chose : C’est le rapport entre Celui qui nous a imposé la Tora et les mitswoth, et nous-mêmes qui avons l’obligation de les observer.
Pour reprendre votre expression, « remercier » Hachem, ce n’est pas Lui manifester un comportement comparable à celui de l’enfant bien élevé qui dit : « Merci, Papa ! Merci, Maman ! ». C’est se comporter en Juif respectueux des mitswoth, comme dans le cas où il se conforme à l’injonction : « Tu mangeras, tu seras rassasié, et tu béniras Hachem, ton D’eu… » (Devarim 8, 10).
Lorsque nous récitons, ainsi qu’il est ordonné dans ce verset, le birkath ha-mazone, nous « remercions » Hachem sans rien attendre de Lui autre chose qu’une sorte de « donné acte » de l’exécution de la mitswa.
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Kol touv
- Jacques Kohn ZAL
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