Idée de liberté : ‘hèrouth et deror

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Menashédf
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Idée de liberté : ‘hèrouth et deror

Message par Menashédf » 17 mai 2005, 08:44

Chers Khakhamim,

En hébreu il y a deux mots qui signifient "liberté", a savoir "khérout" et "dror". Quels différence y a-t-il entre ces deux mots et concepts? On-t-ils des connotations différentes? Lesquelles?

D'après ce que j'ai lu, le mot "khérout" est lié à "kharut" (gravé), les Tables de Loi où le Décalogue a été gravé sur la pierre. C'est la Torah, l'observance des mitzvotes qui nous donnent la vraie liberté, c'est à dire la soumission à un code de conduite moral et spirituel.
Quant à "Dror" ce mot signifie signifie aussi "moineau", un oiseau qui va où bon lui semble.

On dirait que chacun de ces mots nous donne une idée différente de la liberté. Pour l'un ce serait être soumis à des règles tandis que pour l'autre, tout serait plus "anarchique", comme l'oiseau qui n'obéit à personne et qui va où il veut quand il veut.

J'aimerais que vous m'éclairiez sur ce point...
Merci. Chalom ou-bérakhotes.

Marcel Léger, Mexico

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 17 mai 2005, 09:24

La langue hébraïque connaît trois mots pour désigner la notion de « liberté ».

Il y a d’abord le mot ‘hofech : « Lorsque tu acquerras un serviteur hébreu, il servira six années, et dans la septième il sortira vers la liberté (la-‘hofchi) gratuitement » (Chemoth 21, 2).
Il s’agit là, tout comme en hébreu moderne, de la cessation du travail physique.

On trouve ensuite le mot deror : « Vous sanctifierez l’année des cinquante ans, vous appellerez la liberté (deror) dans le pays pour tous ses habitants… » (Wayiqra 25, 10). Ce mot, qui évoque l’oiseau dont la liberté s’exprime par ses migrations saisonnières, s’applique au Jubilé, lequel marque le retour de chacun à sa terre d’origine.

Quant au mot ‘hèrouth, il s’applique à la forme de liberté la plus élevée qui soit. C’est ainsi que la fête de Pessa‘h est appelée zeman ‘hèrouthènou, la fête de la liberté. Elle ne rappelle pas seulement la sortie d’Egypte de nos ancêtres asservis, mais également le moment de l’histoire où les enfants d’Israël sont devenus un peuple libre, digne de recevoir la Tora.

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