Comment Rabbi Méir mit sa femme à l'épreuve
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Comment Rabbi Méir mit sa femme à l'épreuve
On m'a rapporté cette histoire incroyable de Rabbi Meir et sa femme Berouria, dans laquelle Rabbi Meir charge un de ses disciples de séduire Berouria pour prouver à celle-ci que, contrairement à ce qu'elle pense, toute femme peut défaillir devant la tentation.
Qu'est-ce que c'est que cette histoire délirante ? Ou puis-je la trouver ?
Merci
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
La Guemara n’en dit pas davantage sur cette « affaire de Berouria », et c’est Rachi (ad loc.) qui, sans toutefois rapporter ses sources, nous apporte quelque lumière :
« Berouria s’étant moquée un jour du dicton des rabbins : “Les femmes ont l’esprit léger” (Qiddouchin 80b), son mari l’a avertie qu’elle pourrait un jour en vérifier l’exactitude. Il demanda à l’un de ses disciples de la séduire. A force d’insistance, celui-ci parvint à ses fins. Elle en éprouva alors une telle honte qu’elle se suicida par pendaison, et son mari, écrasé par le remords, prit la fuite. »
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Marc MEIMOUN
- Messages : 110
- Enregistré le : 15 août 2004, 01:02
- Localisation : Paris
Comme vous le sous entendez, ce n'est peut être pas rachi qui aurait rapporter ce récit mais un de ces successeurs (petit fils ?).
Par ailleurs, dans l'hypothèse ou cette histoire est véridique, elle m'interpelle sur les points suivants :
1/ Rabbi Méir, pour démontrer à sa femme que sa thèse était vrai, est allé jusqu'au bout au risque d'une catastrophe (qui s'est produite) !
2/ ne doit on pas ne pas se mettre en situation d'épreuves ?
3/ Comment se fait il que Berouria est pu tomber dans le piège, elle qui était une femme exceptionnelle !
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
- Messages : 2771
- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
Comme le demande le Menorath ha-maor de rabbi Yits‘haq Abouav (Quatorzième siècle), « nous avons l’obligation d’attacher la même foi pleine et entière à ce que les Sages ont enseigné dans les Midrachim et les Aggadoth que celle que nous portons à la Tora de notre maître Moïse. Si nous y trouvons des récits qui nous semblent présenter des exagérations, c’est à notre propre indigence d’esprit que nous devons attribuer nos difficultés de compréhension, et non en faire porter la responsabilité à leurs auteurs… »
C’est ainsi, comme on l’a souvent fait remarquer d’une manière qui peut paraître paradoxale, il est beaucoup plus difficile de comprendre une Aggada qu’une Halakha.
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Emmanuel BLOCH
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- Enregistré le : 02 sept. 2004, 14:58
- Localisation : Genève
si vous êtes intéressé à vous faire une idée sur la question de l'authenticité de cet épisode rapporté par Rachi à propos de Berouria, je peux vous donner les références d'articles parus récemment à ce sujet (en hébreu probablement).
Je ne les ai personnellement pas lus (Mikotser Roua'h oumiAvoda Kacha :) ) ; le débat est quelque peu polémique, dès lors que le personnage de Berouria est devenu le "modèle" dont d'inspirent les femmes religieuses qui veulent pouvoir accéder à une éducation juive équivalente à celle des hommes.
Le séminaire pour jeunes filles Midreshet Lindenbaum, à la pointe de ce mouvement, s'appelle également Berouria (cf. http://www.lind.org.il/bruria.htm). Vous comprendrez dès lors qu'ils voient d'un mauvais oeil tout ce qui reflète négativement sur leur inspiratrice éponyme.