se considérer rasha
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se considérer rasha
auriez vous dans votre beith guenazim, une explication sur une contradiction dans le domaine hachkafa:
d'un coté, on dit que si tout le monde nous perçoit comme un tsadik, il faut se voir comme un rachaa.
de l'autre coté, dans pirkei avot, il faut pas se voir comme un rachaa.
néanmoins, il est vrai que la première citation diffère de la seconde en ce sens que dans celle ci, les gens nous envoient une image, alors on nous recommande une réaction, ce qui n'est pas le cas dans la 2eme citation.
mais quand même, cela demande explication.
merci d'avance kvod harav
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Au contraire, il est plutôt recommandé de se considérer comme un bénoni, celui qui se voit comme un rasha aura vite fait d'abandonner tout effort pour se parfaire (considérant qu'il est perdu), celui qui se voit comme un tsadik aussi (considérant qu'il est superflu de vouloir parfaire le parfait, car en fait, il se croit parfaitement parvenu au faîte).
Peut-être qu'il n'est recommandé de se voir comme un rasha qu'en comparaison aux louanges décernées; afin de ne pas sombrer dans l'orgueil et sécréter secrètement un sentiment de vanité ou de suffisance, on conseillerait de se considérer "plus rasha" que ce qui se dit (mais ça ne voudrait pas encore dire "rasha mamash", uniquement "par rapport" à la tsidkout qu'on lui attribue)?
Veuillez indiquer les mots exacts dudit maamar, ou en préciser la source, merci.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Le Ben Yehoyada sur Nida 30b souligne que l'on y dit "kerasha" et non "rasha" et ce en raison du caractère léger de la rishout, il ne s'agît pas de se percevoir comme un véritable impie, grand rasha devant l'Eternel, mais uniquement comme un bon juif qui aura malgré tout des torts à corriger.
C'est assez proche de ce qu'écrit le Aroukh Laner (nida 30b).
Donc le texte de Avot interdit de se considérer comme un (vrai) rasha, celui de Nida indique seulement de savoir que l'on n'est pas 100% tsadik (=Kerasha)
réponse
Le livre du tanya commence en posant cette question (traite de beaucoup de sujets ensuite) puis va y répondre au perek 32
Je vous suggère de jeter un ?il
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- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
J'aurais plutôt indiqué le chapitre 13 du Tanya qui explique plus ou moins ce dont nous parlions plus haut, à savoir, un peu comme les mefarshim sur Nida (30b), le Aroukh Laner et le Ben Yehoyada qui soulignent "comme" un rasha mais pas "vraiment" rasha, donc plutôt "bénoni".
Je ne sais pas ce que vous avez vu dans le chapitre 32, je n'y ai que très brièvement jeté un œil (comme vous le recommandiez), car je n'avais pas souvenir qu'il en parlait en ce chapitre et je n'y ai rien vu de très explicitement lié à notre sujet.
Il y a encore d'autres endroits dans le Tanya où il est question de ce texte de Nida (comme dans le chapitre 14), mais je ne crois pas que le chapitre 32 en parle.
Quoi qu'il en soit, la solution à la contradiction ne diffère pas vraiment, "kerasha" signifierait "bénoni".
Si vous souhaitiez uniquement signaler une source 'hassidique, j'ajouterais encore le Avodat Israel (p. Shkalim, d"h héashir) qui explique que se considérer "comme un rasha" signifie se considérer bénoni étant donné que le rasha ne se considère jamais rasha mais bénoni!
Le Yalkout Haguershouni donne la même réponse et cite le Zohar (II, 122a) qui dit que le kaf hadimyon ne constitue pas une comparaison totale pour proposer la réponse que nous avons déjà mentionnée.
Il y a aussi le Arvei Na'hal (p. Bereshit) qui fait remarquer que se considérer "comme un rasha" passe nécessairement par le fait de côtoyer des tsadikim, car celui qui végète parmi les impies et fait l'effort de rester fidèle à la torah n'a pas le sentiment d'être bénoni mais d'être un grand tsadik.
Alors que celui qui côtoie et fréquente les tsadikim a toujours le sentiment d'être -face à eux- comme un rasha.
Il y a encore beaucoup de choses à citer sur ce sujet dans la littérature 'hassidique, le Imrei Pin'has (Pessa'h d"h mit'hila), le Ohev Israel (likoutim d"h amrou 'hazal) et d'autres.
Il y a aussi d'autres explications dans les commentateurs classiques comme le Rabenou Yona (Avot II, sur la mishna concernée) et d'autres mefarshim sur Avot.
Si vous avez une lecture plus subtile du chapitre 32 du Tanya, merci de la partager avec ceux qui n'ont fait qu'y jeter un œil.