Kavanot pendant le limoud.
Modérateurs : RAV hai AMRAM, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav Imanouel Mergui, Les Rabbanim
Kavanot pendant le limoud.
Après quelques temps à la yeshiva je me rends compte que j'ai n'ai pas forcément de kavanot lorsque j'étudie (en dehors du livre que j'ai devant moi). Mais au fond si j'y réfléchis je dirais que j'étudie dans l'espoir d'être talmid haham.
Y a-t-il d'autre kavanot nécessaires avant le limoud, penser à acquérir son olam haba (..ou pas, ça ne serait plus vraiment lichma), penser à se rapprocher de Hachem (bien que je ne comprenne pas vraiment ce qu'est ce rapprochement) ?
Merci d'avance pour vos conseils.
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
On sait en parallèle que cette compréhension nous rapprochera de D.ieu, mais celui qui imagine un rapprochement géographique évoluant à la cadence des dapim qu'il parcourt, fait du sur place.
Penser à acquérir son Olam Haba durant l'étude n'est certainement pas recommandé.
Considérez la volonté d'étudier la Torah (et l'aspiration à la comprendre) comme une notion religieuse, mais l'acte de l'étude ne doit pas être réalisé comme un "acte religieux". Le but est de découvrir le contenu des textes et par là, l'esprit de la Torah et de D.ieu qui nous l'a donnée.
Néanmoins le but étant de découvrir l'esprit de la Torah et de D.ieu qui nous l'a donnée, et qu'on y parvient simplement "en cherchant à comprendre ce qu'on étudie", comment y a t-il (comme vous le dites ici : http://techouvot.com/rester_shogeg_volo ... 44826.html) des personnes qui étudient tout en étant dans le mauvais chemin :
.Rav Binyamin Wattenberg a écrit : [...] L'étape suivante c'est ce qui était assez fréquent en Lituanie avant guerre: des ba'hourim qui étudient la gmara le shabbat avec une cigarette à la bouche.
L'étude pour le plaisir intellectuel et sans aucune yirat shamayim.
Aussi (ainsi ?) sans kavanot, ne risque-t-on pas de devenir de simples "étudiants en Talmud", comme n'importe quelle autre science ?
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Considérez la volonté d'étudier la Torah (et l'aspiration à la comprendre) comme une notion religieuse, mais l'acte de l'étude ne doit pas être réalisé comme un "acte religieux"
Si vous considérez la volonté d'étudier la Torah (et l'aspiration à la comprendre) comme une notion religieuse, si votre motivation est donc "religieuse", vous ne risquez pas de finir avec une cigarette au bec le shabbat.
Il est fréquent que le maintien de la motivation dite religieuse, doive passer par quelque étude de moussar, du moins pour ceux qui comprennent ce qu'est le moussar et comment convient-il de l'appréhender -population minoritaire et en voie de disparition, il semblerait.
Chana tova rav
Je suis un de vos admirateur de vos connaissances et votre droiture.
Bonjour Kvod Harav,
Pourriez-vous s'il vous plaît expliquer ce qu'est le moussar, comment il convient de l'appréhender et en quoi la population qui comprend le moussar et comment il convient de l'appréhender vous paraît minoritaire et en voie de disparition ?
Merci beaucoup,
Hag Sameah !
- Rav Binyamin Wattenberg
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Certains ont l’étude du moussar en horreur car il est à leurs yeux synonyme de frustration, accusation, culpabilité, privation, tristesse etc.Pourriez-vous s'il vous plaît expliquer ce qu'est le moussar, comment il convient de l'appréhender et en quoi la population qui comprend le moussar et comment il convient de l'appréhender vous paraît minoritaire et en voie de disparition ?
Ils lisent les Tokha'hot du Moussar et s’en attristent, c’est bien dommage.
Au contraire, le Moussar est un magnifique message d’espoir, l’étude du moussar (lorsqu’il n’est pas mal interprété) ne peut pas laisser un juif insensible.
Le lecteur souhaitant se parfaire y trouve un espoir et une voie toute tracée pour trouver des solutions aux difficultés inhérentes au Yetser Hara et au 'homer (-la gashmiout) duquel nous sommes formés.
Bref, à la lecture intelligente du moussar, l’esprit jubile.
Il ne faut pas se sentir attaqué ou jugé par son livre de moussar, mais plutôt conseillé et dirigé par les maamarei ‘hazal regroupés qui donnent une direction au travail sur les midot.
Voyez encore ma réponse à Msg .
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Oui, je ne viens pas imposer le Moussar dans sa forme lituanienne, que chacun trouve son Moussar là où il le trouve.
D’aucuns appelleront ça de la ‘hassidout, certains de la Hitbonenout, d’autres seront inspirés par les maamarei ‘hazal rencontrés au gré de leur étude de Gmara…
Car le remède au Yetser Hara est la Tokha’hat Maamarei ‘hazal comme l’écrivent le ‘Hida (Birkei Yossef §1, sk.9) et le Kaf Ha’haim (§1, sk.31).
Peu importe, l’idée est de s’intéresser aux maamarei ‘hazal visant à parfaire les midot, car sans cela, comme le dit le ‘Hayei Adam (§143, 1), à quoi bon étudier ?
Rabeinou Yona (Shaarei tshouva III, §15) dit sur ceux qui ne réservent pas des moments pour réfléchir à la perfection de leur Avodat hashem qu’ils pratiquent les mitsvot de manière machinale « meloumada ».
Et il écrit à leur sujet un peu plus loin (III, §169) que ces personnes pratiquant « meloumada » et ne se souciant pas outre mesure des fautes qu’elles s’habituent à commettre, sont qualifiées de « Ozvei Hashem » (ceux qui abandonnent D.ieu) et ils n’ont pas part au monde futur (malgré toutes leurs mitsvot accomplies meloumada…).
Voilà pourquoi c’est une obligation « halakhique » (‘Hov Gamour) d’étudier tous les jours des « sifrei Yira ».
C’est ce qu’écrivent plusieurs Gdolei Israel (certes de type « lituanien »):
Mishna Broura (§1, sk.12)
Shem Olam (du ‘Hafets ‘haim)(I, §21 dans la note)
‘Hayei Adam (§143, 1)
Sefer Habrit (II, 12, §6)
Gaon de Vilna (Mishlei XXIV, 31 et XXV, 4) (Maassei rav §60)
Le Or ye’hezkel (Torah Vedaat p.36) ira jusqu’à écrire que c’est le SEUL moyen d’accéder à la yirat shamayim.
Même le Talmid ‘Hakham en a besoin comme le dit le ‘Hida dans Kissé Ra’hamim (Avot derabbi Nathan §29).
Voir aussi son Shem Hagdolim (II, lettre Resh, §7) au sujet du Maharshal.