Sonnerie du choffar la veille de Rosh Hashana
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MrQuestion
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Sonnerie du choffar la veille de Rosh Hashana
Pourquoi on ne sonne pas le choffar la veille de Rosh Hashana?
On m'a dit pour faire peur au satane, quel en est l'explication?
Merci
- Rav Binyamin Wattenberg
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(et pourtant les sfaradim d’aujourd’hui s’y conforment.)
Il y a eu une édition où cette phrase semblait faire partie des paroles du Me’haber, mais c’était une erreur (cf. Shout Darkei David O’’H §38).
Le Beit David (§355), cité par le Birkei Yossef (§581) n’est pas d’accord avec le Rama sur ce point.
Mais il devait tout de même y avoir des Sfaradim qui interrompaient les sonneries en veille de Rosh Hashana, puisque le Ben Ish ‘Haï (I, Nitsavim §2) le préconise –étrangement d’ailleurs ; peut-être que cette habitude est née de l’erreur d’impression du Shoul’han Aroukh qui mettait cette phrase dans la bouche du Me’haber ?
Le Rav Messas (Otsar Hamikhtavim III, §1779) indique que la coutume marocaine et algérienne (deux pays où il a officié en tant que rabbin) est de sonner du Shofar en veille de Rosh Hashana.
Pour lui, le Minhag de s’en abstenir est ashkenaze et vient du Rama.
Et ce Minhag ne doit pas être appliqué les années où Rosh Hashana tombe un samedi car la suppression des sonneries le samedi suffit à « marquer le coup ».
Cet avis est contraire à celui présenté dans le Mishna Broura (§581, sk.24).
(il est vrai que l’explication donnée n’est pas très convaincante ; le Shaar Hatsiyoun indique les A’haronim qui écrivent que la mention orale de la Teroua –dire que ce jour est Zikhron Teroua- équivaut à une sonnerie…). Voir aussi Kaf Ha’haim (§581, sk.77).
Le Mishna Broura cite deux raisons à cette interruption :
1) marquer un arrêt entre les Tkiot facultatives/minhag et celles obligatoires/deorayta
2) pour perturber le Satan
En fonction des raisons, on autorisera (ou non) de sonner chez soi à la maison pour s’entraîner.
Le Elia Raba (2), le Pri Megadim (Eshel Avraham sk.14) et le Maguen Avraham (sk.14) qui l’autorisent considèrent la première raison.
Les A’haronim retiennent donc plutôt cette raison que celle dite du « Satan », mais pour l’expliquer tout de même un peu, je dirais ainsi :
le Satan œuvre pour que l’on ne soit pas attentifs à l’appel du son du Shofar, que l’on ne soit pas sensibles au réveil qu’il est supposé provoquer en nous.
Il faut dire que ce que l’on appelle ici le Satan s’aide du fait que nous sonnions du Shofar depuis un mois, on a eu le temps de s’habituer un peu…
A nous de trouver les forces intellectuelles pour provoquer le sentiment encore le jour de Rosh Hashana, mais la coutume qui consiste à supprimer la sonnerie en veille de fête nous y aide un peu en marquant une interruption…
C’est ce qu’on appelle ici « perturber le Satan », c-à-d le perturber dans son œuvre malfaisante qui consiste à nous noyer dans l’habitude.