Anénou Elaha DéRabi Méïr Anénou

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MrQuestion
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Anénou Elaha DéRabi Méïr Anénou

Message par MrQuestion » 23 juil. 2018, 15:49

Bonjour Rav Wattenberg,

Dans les sélihots, certains rajoutent dans Anénou, "Anénou Elaha DéRabi Méïr Anénou".
- De qui s'agit-il ? (petite biographie svp)
- Pourquoi ce Rabi Méïr plus qu'un autre ?

Merci

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Rav Binyamin Wattenberg
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Message par Rav Binyamin Wattenberg » 26 sept. 2018, 17:15

Je ne connais pas bien les Nos’haot des Sli’hot sfarades, mais j’ai facilement repéré ce passage à la synagogue.

Sur le choix de rabbi Méir, il semble évident, il fait référence à la Gmara (Avoda Zara 18a)R. Méir indique à une personne qui craint un danger de dire « Elaha DeMéir Anéni » pour bénéficier d’un Ness.

Mais il n’y a pas que Rabbi Méir, il y a aussi « Bar Yo’haï » et certains fantaisistes ajoutent encore d’autres rabbanim -même très tardifs, de façon aléatoire.
J’ai déjà entendu un ajout « Anénou élaha derabbi Na’hman, anénou » en faisant référence à rabbi Na’hman de Breslev !
Chacun y va du sien et insère son rabbin favori.

On pourrait expliquer que R. Shimon Bar Yo’haï -étant à l’origine du Zohar, serait lui aussi répertorié comme un rabbin miraculeux, voilà pourquoi on évoquerait ces deux rabbanim plus que d’autres.

Mais j’ai vu dans le Shout Mayim ‘Hayim (I, §232) que ça ne lui plait pas.
Selon lui, ces ajouts sont de nature à pousser le Am Haarets à croire que les autres Sages du Talmud leur seraient inférieurs et c’est une erreur.

C’est pourquoi, il indique de ne pas adopter ce Minhag (pour ceux qui ne l’ont pas).

Il écrit aussi qu’il ne convient pas de dire « élaha derabbi méir » mais « élaha deméir », sans « rabbi ».
D’abord parce que c’est ainsi qu’on disait avant, seuls de récents ‘hazanim se sont permis d’ajouter le titre de rabbi en pensant bien faire (récents = par rapport à son époque).
Ensuite, parce que c’est ce qui correspond au texte de la Gmara citée.

Et encore parce qu’il est interdit de mentionner ce type de titre honorifique face à D.ieu et même lorsqu’on prie pour un malade, on ne cite pas ses titres rabbiniques, seulement untel fils d’unetelle.

Le Maharsha (A.Z. 18a) pose une autre question sur R. Méir : comment se permet-il de lier son nom à celui de D.ieu (contrairement à l’enseignement qui dit que D.ieu n’associe pas son nom à celui d’un Tsadik vivant)?
Le Maharsha répond que lorsque R. Méir dit de dire « Elaha DeMéir Anéni » ça ne veut pas dire « le D.ieu de Méir », mais « le D.ieu qui éclaire ».
élaha deméir laarets veladarim…

Si c’est ainsi, c’est une raison supplémentaire pour ne pas ajouter le mot « rabbi ».

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