Conseils pour un bahour débutant
Modérateurs : RAV hai AMRAM, Rav Dov Roth-Lumbroso, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav F.Klapisch, Rav Imanouel Mergui, Rabbin Marc Meyer, Jacques Kohn ZAL, Rav Efraim Cremisi, Feinermann, Pr. D. KAMOUN, Les Rabbanim
Conseils pour un bahour débutant
J'ai pu barouh Hachem prendre une année de césure pendant mes études pour aller a la yechiva cette année (a la suite d'une licence) !
Sachant que je n'ai qu'un an (a priori) a passer a la yechiva (chita lituanienne classique) et que je suis totalement débutant dans le limoud et que je ne maîtrise pas l'hébreu,
- quelles doivent être mes priorités pour tirer un maximum profit de cette année ?
- une quelconque autonomie dans l'étude est-elle envisageable au bout d'un an en s'y mettant sérieusement ?
- Que prioriser pendant le seder guimel : le iyoun, la bekiout.. ?
- vaut-il mieux, comme c'est le cas ici, ne faire quasiment que de la guemara toute la journée et se dire que quand je saurai étudier je pourrai étudier le reste de mon côté ou faire de la halakha, du houmach, de la hashkafa etc pendant ben hasedarim ? (au lieu de plus de guemara donc)
- comment acquérir la maîtrise de la langue rapidement, faut-il préférer noter les mots sur un cahier puis les revoir/les apprendre ou les noter entre les lignes de la guemara, et donc moins les revoir et espérer les mémoriser au fur et a mesure des dapim ?
- que pensez vous de la safa beroura, est ce une aide qui me sera utile ou un frein pour devenir autonome ?
- avez vous des conseils sur comment aborder respectivement le iyoun et la bekiout pour un débutant (ce qui n'est pas le cas de mes camarades, plus jeunes mais expérimentés dans le limoud)
- nous étudions baba kama, est ce qu'il vaut mieux essayer de se fixer comme objectif de la finir d'ici la fin du zman horef (ou kaits) ou plutot se concentrer sur moins de dapim mais vraiment bien les maitriser ?
Enfin, deuxième thèmatique sur laquelle je sollicite vos conseils et vos connaissances : Je ressens une forte sensibilité pour l'étude du moussar, et en particulier pour celui disons de l'école de Kelm et du rav Salanter.
- pourriez vous décrire la situation actuelle du monde de la torah vis a vis de cette chita ? Y a t il encore des yechivot dans cet esprit la ? *Quels sont aujourd'hui les grands baalé moussar et leur approche ?*
- quels sont les reproches faits a ce courant, historiquement (a part que c'était nouveau) et aujourd'hui (je n'ai d'ailleurs pas bien compris la techouva dans laquelle vous supposez qu'on a reproché au moussar de rav salanter son approche qui prend en compte la psychologie, en quoi est-ce négatif ? )
Je suis preneur également de tout conseil qui ne seraient pas des réponses a mes questions !
Merci par avance pour votre aide précieuse,
Chavoua tov
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Je vous cite par morceaux et tente de répondre :
Mazal Tov et Bravo pour cette initiative.J'ai pu barouh Hachem prendre une année de césure pendant mes études pour aller a la yechiva cette année (a la suite d'une licence) !
Je comprends que la Yeshiva a déjà été choisie.Sachant que je n'ai qu'un an (a priori) a passer a la yechiva (chita lituanienne classique) et que je suis totalement débutant dans le limoud et que je ne maîtrise pas l'hébreu,
se familiariser au Talmud, pénétrer dans le monde de la Torah, absorber des hashkafot…- quelles doivent être mes priorités pour tirer un maximum profit de cette année ?
Quelconque, oui.- une quelconque autonomie dans l'étude est-elle envisageable au bout d'un an en s'y mettant sérieusement ?
Autonomie (absolue), il faudra travailler très sérieusement. Je ne vous connais pas, je ne connais pas votre futur Rav enseignant…
J’aurais dit la Bekiout, afin de « voir du paysage », mais il faut plutôt prendre conseil auprès d’un rav qui vous connait et qui connait la yeshiva.- Que prioriser pendant le seder guimel : le iyoun, la bekiout.. ?
Généralement, une yeshiva (de ce style) comporte déjà un petit seder halakha et un autre de moussar.- vaut-il mieux, comme c'est le cas ici, ne faire quasiment que de la guemara toute la journée et se dire que quand je saurai étudier je pourrai étudier le reste de mon côté ou faire de la halakha, du houmach, de la hashkafa etc pendant ben hasedarim ? (au lieu de plus de guemara donc)
La question ne devrait donc pas se poser.
Il faut faire le plein de Gmara, autant que possible, en quantité comme en qualité.
L'étude de la Halakha est indispensable mais 30 minutes par jour suffisent.
Pour ce qui est du ‘Houmash, si la yeshiva ne le prévoit pas, ce n’est pas la peine de le faire si c’est « sur le dos » de la gmara.
Mais si vous avez besoin de vous aérer un peu et changer d’étude, un peu de ‘houmash peut aider à se détendre.
Pour les mots clés qui reviennent systématiquement (Amar, métivei, tanou rabanan…), ils s’absorberont sans effort.- comment acquérir la maîtrise de la langue rapidement, faut-il préférer noter les mots sur un cahier puis les revoir/les apprendre ou les noter entre les lignes de la guemara, et donc moins les revoir et espérer les mémoriser au fur et a mesure des dapim ?
Il faudra quand même remarquer les subtilités (Ditnan-Detania, vehatnan-vehatania, Métiv-Métivei, …….)
Les mots qui reviennent "assez souvent", du type conjonction de coordination, il faut les noter sur un calepin et les apprendre.
Et enfin les mots rares, les noter au crayon entre les lignes.
ça veut dire que vous vous débrouillez déjà bien en hébreu. (ou bien ça veut dire qu’il y a Safa Broura en français/anglais ?)- que pensez vous de la safa beroura, est ce une aide qui me sera utile ou un frein pour devenir autonome ?
Il faut savoir utiliser Safa Broura avec intelligence, voyez ma réponse (datée du 5 juillet 2012) à une question similaire visant Artscroll :
http://www.techouvot.com/connaissances-vt15039.html
ce lien fera apparaitre les mots Artscroll en rouge pour trouver les passages concernés.
Mes conseils s’adresseraient plutôt à une personne autonome et sans aucun cadre contraignant, ce qui ne sera pas votre cas à la Yeshiva.- avez vous des conseils sur comment aborder respectivement le iyoun et la bekiout pour un débutant (ce qui n'est pas le cas de mes camarades, plus jeunes mais expérimentés dans le limoud)
Je me contenterai de vous dire de garder à l’esprit que le Shas fait dans les 2750 Dapim et la vie, dans les 120 ans (on espère).
Le Iyoun permet de pénétrer réellement la logique des arguments et ne pas passer à côté de l’essentiel, mais les Yeshivot ont tendance à pécher par excès d’approfondissement.
Tant qu’on est jeune comme je suppose que vous l’êtes, il semble logique de mettre en place un plan d’étude permettant de visualiser tout le shas avant d’avoir 50 ans.
A votre calculatrice…
Finir et maîtriser- nous étudions baba kama, est ce qu'il vaut mieux essayer de se fixer comme objectif de la finir d'ici la fin du zman horef (ou kaits) ou plutot se concentrer sur moins de dapim mais vraiment bien les maitriser ?
:)
(ou au moins maîtriser un chapitre et tout finir)
Trop de questions tue la question.Enfin, deuxième thèmatique sur laquelle je sollicite vos conseils et vos connaissances : Je ressens une forte sensibilité pour l'étude du moussar, et en particulier pour celui disons de l'école de Kelm et du rav Salanter.
- pourriez vous décrire la situation actuelle du monde de la torah vis a vis de cette chita ? Y a t il encore des yechivot dans cet esprit la ? *Quels sont aujourd'hui les grands baalé moussar et leur approche ?*
C’est vraiment un autre sujet, il ne faut pas mélanger les thèmes.
Je vous réponds tout de même brièvement.
Pas vraiment. Les temps changent aussi et les choses s’adaptent. Il y a bien des rabbins qui diront tenir de cette Shita, mais on ne retrouve pas exactement la même chose dans une Yeshiva de nos jours.Y a t il encore des yechivot dans cet esprit la ?
Certains voient négativement tout apport de l’extérieur (=qui n’est pas propre à la tradition juive), craignant qu’il serait forcément accompagné d’influences associées et négatives.- quels sont les reproches faits a ce courant, historiquement (a part que c'était nouveau) et aujourd'hui (je n'ai d'ailleurs pas bien compris la techouva dans laquelle vous supposez qu'on a reproché au moussar de rav salanter son approche qui prend en compte la psychologie, en quoi est-ce négatif ? )
1) sur Techouvot.com , ne mêlez pas les questions qui peuvent être séparées :)Je suis preneur également de tout conseil qui ne seraient pas des réponses a mes questions !
2) vivez votre année de Yeshiva en immersion totale, vous êtes sur un bateau, impossible d’en sortir, ne faites rien d’autre en parallèle (-dans la mesure du possible) et absorbez un maximum de Hashkafot au passage.
3) n’ayez pas peur de réviser 16 fois chaque page de Gmara.
4) ne cherchez pas à répondre à toutes les questions et clarifier tous les points, dans la mesure où vous sentez que vous avez compris convenablement le pshat de la gmara, il faut le réviser et avancer.
5) les résumés (des souguiot) par écrit sont plus que bénéfiques.
6) Hatsla’ha.