Le rôle de la femme dans la société juive moderne
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sacerdotal
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Le rôle de la femme dans la société juive moderne
« Tout l’honneur de la fille du roi est dans son intérieur » (Tehilim 45, 14), verset que nos Sages ont interprété comme recommandant à la femme mariée de se réserver à son intérieur et d’éviter le monde extérieur, considéré comme dangereux pour elle et comme l’apanage exclusif de son mari.
Aujourd’hui pourtant, on assiste dans certains milieux à un renversement des rôles : L’intériorité de l’existence est devenue le propre du mari, dont la vue du monde se limite aux murs de la yechiva ou du collel. En revanche, la femme a accédé aux responsabilités de « chef de famille » : C’est elle qui exerce une profession et procure à son foyer familial ses moyens d’existence. C’est elle aussi qui traite avec les fournisseurs, les administrations, etc., tâches que notre tradition réservait à son mari.
Comment peut-on justifier, au-delà des arguments quelque peu acrobatiques et superficiels qui font valoir la supériorité d’ordre spirituel de ce mode de vie, cette existence contre-nature ?
N’y a-t-il pas lieu de redouter, à long terme, que cette existence finisse par porter préjudice à l’éducation et à l’équilibre psychologique des enfants, tant cette façon de les élever est contraire à l’ordre naturel des responsabilités familiales ?
- Rav Dov Roth-Lumbroso
- Rav
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La guemara Berakhoth (35b) propose deux modes de vie :
Selon une des opinions, le mari associe son activité professionnelle à sa fonction d’étude de la Tora. C’est l’avis de Rabbi Yichmael Be-rabbi Yossi.
Rabbi Chim‘on bar Yokhaï est d’un avis contraire, et il soutient que le mari doit se consacrer exclusivement à l’étude de la Tora.
La guemara conclut : Beaucoup ont suivi l’idée de Rabbi Chim‘on bar Yokhaï et ont échoué ; beaucoup ont suivi l’idée de Rabbi Yichmael Be-rabbi Yossi et ont réussi.
Le Choul‘han ‘aroukh (Ora‘h ‘hayim ch. 156 et Yoré dé‘a 246 § 21) tranche dans le sens de Rabbi Yichmael Be-rabbi Yossi.
Nous avons là, par conséquent, les « ordres de mission » qui devrait caractériser les familles traditionnelles : Monsieur aux Affaires Etrangères, et Madame à l’Intérieur.
Il existe cependant des dérogations :
1) Tout homme a l’obligation d’étudier la Tora jour et nuit, jusqu’à ce qu’il ait acquis son niveau d’étude. Ensuite, il continuera d’étudier en dehors des trente-six heures hebdomadaires. Celui qui n’a pas atteint ce niveau avant de se marier peut convenir avec son épouse qu’il le fera pendant les premières années de leur union. D’où l’institution du Collel.
2) Nous avons vu que la guemara a enseigné : « Beaucoup ont fait comme Rabbi Chim‘on bar Yokhaï et ont échoué ». Il y en a eu effectivement beaucoup, mais il y en a eu quelques-uns qui ont réussi. Un couple peut vouloir ambitionner d’être au nombre de ces « quelques-uns ».
Par exemple, dans le cas d’un homme particulièrement doué, Rambam nous apprend qu’il faut lui donner de quoi vivre comme on donnait jadis de quoi vivre au Lévi et au Kohen. Rappelons aussi la célèbre alliance entre Yissakhar, qui étudiait à plein temps, et Zevouloun, commerçant dans l’âme, qui partageait ses revenus à égalité avec son frère.
3) De nos jours, les jeunes filles font des études. Il en résulte que certaines d’entre elles n’ont plus la patience de s’enfermer dans leur « Ministère de l’Intérieur », et elles revendiquent comme un droit le privilège de travailler à l’extérieur. Pourquoi devrait-on les priver de ce « bonheur » s‘il procure à leurs maris la possibilité de devenir des ‘hassidim, des adeptes de Rabbi Chim‘on bar Yokhaï ???
4) Au lendemain de la Choa, le monde de la Tora était exsangue. Une première réaction fut de centrer tous les hommes sur l’étude de la Tora, pour que ceux qui s’en avèrent capables deviennent les sommités d’une nouvelle génération. Ce but ayant été atteint, le choix est redevenu normal entre la ligne de Rabbi Yichmael Be-rabbi Yossi et celle de Rabbi Chim‘on bar Yokhaï.
J’espère avoir offert une meilleure compréhension de la place de l’étude de la Tora dans toutes les sortes de familles pratiquantes.