Parachath Balaq - Pourquoi porte-t-elle ce nom ?
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Parachath Balaq - Pourquoi porte-t-elle ce nom ?
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
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Le séfèr Birkath Avraham, un commentaire de la Tora datant du dix-septième siècle, signale que cinq sidroth (sur cinquante-quatre) portent le nom de personnes : Noa‘h, Yithro, Qora‘h, Balaq et Pin‘has.
Il explique que ces cinq individus se sont acquis des mérites particuliers pour avoir ainsi mérité cet honneur.
On peut comprendre cette explication s’agissant de Noa‘h, de Yithro et de Pin‘has. Mais comment peut-on l’accepter s’agissant de Qora‘h et de Balaq ?
Nous laisserons ici de côté le cas de Qora‘h, qui n’est pas concerné par la question, et nous nous pencherons sur celui de Balaq :
La Guemara nous apprend que l’on doit toujours se consacrer à la Tora et aux mitswoth même si ce n’est pas lichma, c’est-à-dire sans arrière-pensées (Sota 47a). Elle le déduit de Balaq qui a offert quarante-deux sacrifices (Bamidbar 23, 1-14-29), ce qui lui a valu de devenir le grand-père de Ruth, et donc l’ancêtre du Messie.
Dans la haftara associée à la parachath Balaq, le prophète nous invite à nous souvenir de ce qu’a fait Balaq « afin de connaître la justice (tsidqoth) de Hachem » (Michée 6, 5).
Cette expression inattendue nous invite à reconnaître que Hachem Se comporte avec nous lifnim mechourath ha-din (« en deçà des exigences de la justice stricte) (Radaq ad loc.), et aussi qu’il a accueilli avec faveur le repentir des enfants d’Israël après les fautes qu’ils ont commises à Chittim (Malbim).
On peut dire, par conséquent, que Balaq était pourvu de mérites éminents, d’où le choix de son nom comme dénomination d’une sidra.
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Marc MEIMOUN
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N'y a-t-il pas une contradiction à ce qu'un acte qui entraina des conséquences aussi dramatiques a également amené le mérite à son auteur d'être source de la descendance du messie et d'avoir une lection de la tora à son nom ?
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Localisation : Jérusalem
(A noter que leur disparition n’a pas été la cause de ces quarante-deux sacrifices, comme indiqué dans la question, mais leur conséquence).
L’événement auquel fait allusion cet enseignement est rapporté dans le second livre des Rois :
« Comme Elisée montait vers Bethel, des petits garçons sortirent de la ville, et se moquèrent de lui en disant : “Monte, chauve ! monte, chauve !”
Elisée se tourna en arrière et les vit, et il les maudit au nom de Hachem. Deux ourses sortirent de la forêt, et déchirèrent d’entre eux quarante-deux enfants » (II Rois 2, 23 et 24).
Les rabbins (voir Sota ibid.) considèrent avec sévérité l’attitude de ce prophète : Il a été affligé de trois maladies, la première pour avoir excité les ourses contre les enfants.
« Rabbi Chim‘on a enseigné : Ces quarante-deux sacrifices offerts par Bil‘am et Balaq ont été soustraits à “l’autre côté” pour être présentés au Saint béni soit-Il, et il a fallu qu’ils soient “remboursés” par Israël » (Zohar Chemoth II, 224a).
Cet enseignement du Zohar, comme tous ceux qui sont contenus dans nos ouvrages de mystique, doit être abordé avec d’extrêmes précautions.
Peut-être peut-on cependant s’aventurer à proposer l’explication suivante :
En offrant quarante-deux sacrifices à Hachem, Balaq, incarnation du mal, s’est procuré un mérite au détriment d’Israël. Il a donc fallu qu’Israël « rembourse » ce crédit, ce qu’il a fait en « sacrifiant » quarante-deux enfants.