Quel derekh pour mon Limoud Tora ?
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Quel derekh pour mon Limoud Tora ?
j'ai lu de nombreuses lettres de rav chakh sur le derekh halimoud dans les yechivot d'aujourd'hui j'aimerais savoir comment est-il possible pour moi de concilier la chita de rav chakh avec celle de ma yechiva selon les sedarims classiques des yechivot.
merci beaucoup.
kol touv.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Concilier deux drakhim contradictoires, ce n’est pas vraiment possible, mais vous pouvez faire dans le compromis.j'ai lu de nombreuses lettres de rav chakh sur le derekh halimoud dans les yechivot d'aujourd'hui j'aimerais savoir comment est-il possible pour moi de concilier la chita de rav chakh avec celle de ma yechiva selon les sedarims classiques des yechivot.
L’idée essentielle de Rav Shakh étant que ce que les Yeshivot appellent de nos jours du Iyoun, est aux yeux de Rav Shakh du Bitoul Torah.
Il faut se soucier d’acquérir une Bekiout conséquente (pas en bâclant), l’initiation au Iyoun peut se faire autrement que dans la souguia que l’on étudie, par exemple par l’étude hebdomadaire d’un passage de Ktsot Ha’hoshen.
A partir de là, essayez de rendre plus conséquent votre seder bekiout, de l’élargir au seder guimel aussi, ainsi qu’aux « Shishi-shabbat », et le matin, pour rester à la cadence de la yeshiva, vous pouvez approfondir les mêmes Dapim sans perdre trop de temps, par exemple en étudiant le Rosh/Nimoukei Yossef/etc.
Vous serez donc un peu « décalé » par rapport aux autres qui seront beaucoup plus « dans les inyanim » que vous, mais au moins vous pourrez amasser des connaissances claires de massekhtot et rira bien qui rira le dernier.
(L’expression est plus ou moins de Reb Shmouel Deutsch, Rosh Yeshivat Kol Torah, qui -voulant encourager ses élèves à modifier leur derekh limoud, avait raconté que lorsqu’il étudiait à la yeshiva, il était très impliqué en « bekiout » et moins en « iyoun » et que les autres élèves de la yeshiva se moquaient de lui et rigolaient dans son dos, et il a conclu en disant : « Hayom, mi tso’hek al mi ? ».)
Je ne vous connais pas, j’écris ici ce qui convient à un Ba’hour yeshiva chevronné, qui a fait la yeshiva Ktana etc.
Ce message doit être nuancé en fonction de l'âge et n’est pas adapté à tous les lecteurs ; celui qui n’a jamais vraiment découvert ce qu’est le iyoun, ou qui a commencé à étudier à plein temps depuis six mois, ou qui est relativement débutant, ou qui est encore en Yeshiva Ktana, ou qui étudie dans un cadre différent d’une yeshiva classique, etc. doit savoir qu’il y a tout un art dans la façon de concevoir les Svarot et si l’on n’a pas fréquenté des talmidei ‘hakhamim de type « Rosh Yeshiva », on peut ne pas avoir idée de ce monde.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Si c’est un Avrekh qui a eu un parcours classique de yeshiva avant d’arriver au kollel, je conseillerais même plus : ne pas se contenter de compromis, mais organiser son limoud le mieux possible.Conseillerez vous également ce type d'organisation pour un avrekh Kollel?
Au niveau Kollel, on peut plus facilement trouver un kollel qui permette un derekh limoud différent.
Idéalement, les grands kollelim sont favorables à cela, il y en a pour tous les goûts et l’institution n’impose pas une cadence ni un itinéraire de limoud à suivre, chacun étudie comme il l’entend.
Mais si l’on est « prisonnier » dans un petit kollel qui impose sa cadence et sa manière d’étudier, c’est un problème.
Il faut trouver un kollel où le derekh limoud nous corresponde.
Ceux qui passent des années dans un kollel où ils subissent le derekh limoud imposé, en ressortent au bout de 10 ans avec certes des connaissances, mais rien à voir avec ce qu’ils auraient pu accomplir en 10 ans en suivant un derekh limoud plus sensé ou qui leur correspond mieux.
Chaque cas est différent, mais disons que mon message général est qu’il ne faut pas croire que parce qu’on suit un programme d’un kollel, on aboutira réellement là où l’on nous fait croire qu’on arrivera.
La majorité de ces kollelim qui imposent une cadence, nivellent par le bas.
L’Avrekh plus doué/motivé y perd souvent au change, c’est dommage.
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Si c’est un Avrekh qui a eu un parcours classique de yeshiva avant d’arriver au kollel, je conseillerais même plus : ne pas se contenter de compromis, mais organiser son limoud le mieux possible.
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Merci de votre réponse.
Excusez moi de pousser un peu plus précisément ma question.Et pour celui qui n'a pas suivi le système classique? type celui qui n'a connu que le système Kollel?
Alors c'est sur que celui ci aura beaucoup plus de lacune tant bien méthodologie que en savoir.
Quels seraient les conseils?
Merci de votre prise de temps pour répondre
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Je précisais justement que mon conseil concernait surtout celui qui avait suivi un cursus classique de yeshiva, car pour ceux qui n'ont pas eu cette chance et qui ont débuté directement avec le Kollel, il serait (encore plus) risqué de se détacher du système et "se mettre à son compte" en limoud.Et pour celui qui n'a pas suivi le système classique? type celui qui n'a connu que le système Kollel?
Alors c'est sur que celui ci aura beaucoup plus de lacune tant bien méthodologie que en savoir.
Quels seraient les conseils?
Je connais quelques personnes qui s'y sont hasardées, même lorsqu'elles sont productives et ont (et donnent) le sentiment de progresser et de connaitre plein de textes "selon leur méthode", il demeure un problème, une lacune au niveau de l'approche qu'il est difficile d'expliquer à ceux qui n'ont pas "fait" la yeshiva.
Après, si le kollel lui-même est composé d'éléments du même acabit et est dirigé par un Rav "Made in France" du même genre, il n'est de toute façon pas garanti de s'en tirer même en restant fidèle au kollel...
Bref, dans votre cas, je ne peux pas dire grand-chose, il faut voir au cas par cas.
ça dépendra de votre autonomie, de la possibilité de fréquenter des talmidei 'hakhamim, de la constitution de votre kollel, de son dirigeant, du Derekh Limoud qui y est pratiqué, du nombre d'Avrekhim, d'éventuels autres kollelim que vous pourriez rejoindre, et de beaucoup de choses.
Le mieux c'est d'en parler avec un Rav qui vous connait et qui est (conscient du sujet et) sensible au problème.
Behatsla'ha.