Origine des Taamims
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MrQuestion
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- Enregistré le : 16 mai 2017, 10:27
Origine des Taamims
Quel est l'origine des taamins (air de cantillation) lors de la lecture de la Torah?
Qui les a inventé et à quel époque?
Pourquoi aujourd'hui tant de différences?
Qui a raison?
Merci pour cet éclaircissement
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Ce sont les Anshei Knesset Hagdola, les Sages de la Grande Assemblée.Quel est l'origine des taamins (air de cantillation) lors de la lecture de la Torah?
Qui les a inventé et à quel époque?
Voir Piskei Riaz (Meguila III, 1, p.136).
Cette assemblée date de la Galout Bavel, c-à-d des 70 ans d’exil entre les deux Temples, donc avant les Zougot et Tanaïm.
C’est pourquoi les commentateurs prennent très au sérieux les Teamim et en déduisent le sens du verset, puisqu’ils reflètent la compréhension qu’en avait ces Sages.
Il n’y a pas vraiment de différences sur les signes eux-mêmes, les sigles sont quasiment les mêmes, leurs noms peuvent varier d’une communauté à l’autre, mais on les retrouve partout sous la même forme.Pourquoi aujourd'hui tant de différences?
Quant à la façon de chanter chaque Taam, en effet, elle diffère parfois de beaucoup selon les communautés.
Il ne faut y voir que l’influence extérieure, en fonction des pays.
La cadence des ‘Hassidim semble indiquer qu’ils ne vivaient pas parmi des gens initiés au chant, l’air des lituaniens laisse entrevoir une légère influence de l’opéra et des chants européens, quant à la cantillation maghrébine, difficile de ne pas y voir l’influence des chants arabes.
Il en va de même pour tout se qui se chante dans le judaïsme, la liturgie est influencée par les tendances locales.
Les airs des Tfilot des jours de fêtes sont très marqués.
Dans une Shul Ashkenaze on peut voir des influences d’opéra (surtout à Yamim Noraïm), et dans une Shul Sfarade des similitudes avec la mosquée.
Tout le monde.Qui a raison?
Ou si vous préférez : personne.
C’est pareil.
Ça dépend seulement de votre point de vue ; si vous estimez qu’il faille absolument reproduire les mêmes ondulations de voix que nos ancêtres d’il y a 2400 ans, je dirais que personne n’est sur la bonne voie/voix.
Mais s’il s’agit de chanter le texte en restant fidèle à l’idée des notes indiquées par nos ancêtres d’il y a 2400 ans, je dirais que tout le monde a raison et dispose de bons Teamim.
Personnellement, j’opte pour le second point de vue.
Car de toute façon, même d’un Baal Koré à l’autre on trouvera des différences subtiles et nous n’avons pas de critère invalidant la lecture, en dehors de ce qui fausse le sens obvie.
Donc tant qu’on respecte cet esprit des Teamim, on est bon. (ce qui vient exclure par exemple celui qui ne marquerait pas le Sof Passouk d’une quelconque manière indiquant une fin de phrase, etc.)
Origine taamim
Si j'ai bien compris votre réponse et si je me met mes petites connaissances a profit, l'écriture des taaminm sur les lettre du houmach ont été "dite" par achem à moshé rabbenou mais le chant de ces airs ont été "créé" par anchei kenessey aguedola.
Ma question est comment à l'époque de moshé rabbenou jusqu'à anché kenesset aguedola, on lisait la parasha chaque semaine ou durant les grand évènements?
Je vous remercie de votre réponse.
- Rav Binyamin Wattenberg
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- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
- Rav Binyamin Wattenberg
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Non, vous m’avez mal compris -ou bien c’est moi qui vous comprends mal, ou les deux.Si j'ai bien compris votre réponse et si je me met mes petites connaissances a profit, l'écriture des taaminm sur les lettre du houmach ont été "dite" par achem à moshé rabbenou mais le chant de ces airs ont été "créé" par anchei kenessey aguedola.
Les Anshei Knesset Hagdola n’ont pas créé les airs tels que nous les avons, ils ont créé les sigles des « neumes » tels que nous les avons.
Quant à l’air chanté pour chaque neume, ça a évolué avec les exils en fonction des pays.
Ce qui a été dit à Moshé Rabénou, c’est uniquement le sens des phrases, savoir comment lire la Torah, comment couper les phrases, où mettre les points et les virgules.
Mais le point n’était pas encore sous forme de Sof Passouk, les sigles que nous avons sont tardifs, et les airs que nous chantons le sont encore plus, il ne faut pas croire que les juifs d’il y a 2000 ans chantaient la Kriat hatorah sur le même air que nous (dans « nous » j’inclue Polonais, Allemands, Lituaniens, Russes, Ukrainiens, Marocains, Algériens, Tunisiens, Syriens, Iraniens, Irakiens, Egyptiens, Libanais, Yéménites, etc...).
Rabénou Menashé Me-ilia (Alfei Menashé II, §35) raille les ‘Hazanim qui s’imaginent que l’air des Tfilot est capital car il aurait été institué par Anshei Knesset Hagdola.
Probablement comme on le voulait.Ma question est comment à l'époque de moshé rabbenou jusqu'à anché kenesset aguedola, on lisait la parasha chaque semaine ou durant les grand évènements?
Le point commun avec nos Teamim d’aujourd’hui est le point commun qui existe entre les lectures de toutes les communautés ; tout le monde baisse le ton d’une manière ou d’une autre en fin de phrase.
C-à-d que le but premier des Teamim est de « ponctuer » la phrase pour en préserver et indiquer le sens, le reste n’est que fioriture pour embellir la lecture.
Voyez encore ce que j’ai écrit ici :
https://www.techouvot.com/neumes_les_te ... 27965.html