Enfant né hors mariage
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Enfant né hors mariage
Quel est le statut de l'enfant né hors mariage, de deux parents juifs et grands parents juifs ?
Est-ce que l'enfant aura des difficultés à l'âge adulte pour se marier à la synagogue ?
Je vous remercie vivement pour votre réponse et félicite l'ensemble de l'équipe qui a mis en ligne ce site très utile et très intéressant.
Nathalie / Paris.
- Jacques Kohn ZAL
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Cependant, contrairement à une croyance souvent répandue dans l’esprit des gens, le bâtard (mamzèr) ne s’identifie pas à l’enfant né hors mariage.
Possède le statut de mamzèr toute personne née d’un adultère ou d’un inceste au sens donné à ces deux mots par la Tora (Choul‘han ‘aroukh Evène Ha‘ézèr 4, 13).
Il résulte de cette définition que n’entre pas dans la catégorie de mamzèr l’enfant né hors mariage, dès lors que ses deux parents auraient eu le droit, selon la halakha, de s’unir légalement.
S’agissant d’un enfant né de parents juifs, non engagés dans une autre union conjugale, il est considéré comme un Juif à part entière, et ce à tous égards.
Il lui faudra cependant, pour pouvoir se marier religieusement, prouver sa filiation, et écarter ainsi, dans l’esprit des autorités rabbiniques, tout soupçon de mamzèrouth.
C’est là que risquent de se présenter des difficultés…
Enfant né hors mariage
1) s'il concerne les enfants nés de la relation d'un Cohen et d'une femme divorcée - Union illicite ?
2) s'il s'applique aussi a la bigamie masculine, autorisée par la Torah mais interdite par les sages ? En d'autres terme un homme deja marié et une femme juive celibataire.
3) S'il applique à un enfant, né de l'union "civilement illicite" entre une juive mariée à un non-juif, et un juif ? En d'autre terme, dans le cas d'un mariage mixte, une femme est-elle consideree comme "Eshet Ish" ?
merci pour ces precisions,
Kol Tuv.
Charles
- Jacques Kohn ZAL
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1. L’enfant juif né de l’union d’un kohen et d’une divorcée n’est pas un mamzèr, mais un ‘hallal (« profané » – voir Wayiqra 21, 7 et suivants). Ni lui ni ses descendants ne peuvent agir en tant que kohanim, et en particulier recevoir les honneurs dus à ceux-ci (Rambam, Hilkhoth Issourei bia 19, 14).
Cependant, son droit au mariage est intact, et il a le droit d’épouser une femme juive à part entière. Néanmoins, étant donné que ses enfants resteront pour toujours des ‘hallalim, ceux de sexe féminin auront le statut de zona (« prostituée ») et ne pourront pas épouser des kohanim.
2. L’enfant juif né d’un père bigame (dans une famille où la bigamie est interdite) est considéré comme un Juif à tous égards, et rien ne restreint son droit de contracter mariage. Il manquera cependant de yi‘hous (« ascendance honorable »), ce qui limitera dans la pratique ses possibilités de choix d’une épouse.
3. L’enfant né de l’union d’un non-Juif et d’une femme juive, qu’ils soient ou non mariés civilement, est juif à tous égards. Les filles issues d’une telle union ont cependant également le statut de zona (« prostituée »), et elles n’ont pas le droit d’épouser des kohanim.
L’appellation de écheth ich est un titre de noblesse réservé aux femmes qui se sont mariées dans le respect de la halakha. La femme juive qui a contracté une union avec un non-Juif n’a pas le droit à ce titre, mais elle est soumise, ainsi que les autres hommes, aux mêmes règles, et notamment aux mêmes interdictions, que celles qui s’appliquent à la écheth ich.
Zona a cause d'un père non juif ?
Je suis plus noble que cela moi .
- Jacques Kohn ZAL
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Selon Rachi (ad Wayiqra 21, 7), une zona est une femme qui a eu un rapport sexuel avec un des enfants d’Israël qui lui est interdit, comme ceux qui sont passibles de kareth, ou un nathin (V. Yehochou‘a 9, 27) ou un mamzèr (Yevamoth 61b).
De même, Jephté est présenté dans le livre de Choftim (11, 1) comme le « fils d’une zona », ce qui signifie, explique Radaq, qu’il était le fils d’une concubine de son père, ainsi appelée zona parce que non liée à son mari par une ketouva (« contrat de mariage ») et des qiddouchin.
Autre explication de Radaq : La mère de Jephté était appelée zona, comme étant une épouse issue d’une autre tribu.
Enfant né hors mariage
1. En dehors de l'impossibilité d'épouser un kohen, y a-t-il d'autres restrictions ?
2. Le terme de "zona" s'applique-t-il à une femme ayant subi un viol ?
3. Comment le Radaq peut-il qualifier une femme de "zona" pour cause de carence de kétouba: Le RamBaM (Ilrhoth Nissouin) n'écrit-il pas "Qu'il suffit qu'un homme rencontre une femme au souk, l'enmène chez lui pour qu'elle devienne son épouse en toute légitimité" ? Comment décréter un état de "znouth" (avec tous ses consequences) uniquement pour cause d'absence de ketouba, qui n'est que d'institution rabbinique ? Quant aux kidouchin, n'ont-elles pas eut lieu du fait du rapport charnel, mentionné par la Tora comme l'un des moyens de les accomplir ?
4. Si le Radaq considère comme "zona" une épouse issue d'une autre tribu, cela impliquerait que les kohanim ne puisse pas se marier avec une bat Israel - car n'etant pas fille de kohen elle-meme ?
Je ne comprend pas - aidez-moi.
Charles
- Jacques Kohn ZAL
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2. Lorsque Rambam a écrit qu’il « suffit qu'un homme rencontre une femme au souk et l'emmène chez lui pour qu'elle devienne son épouse en toute légitimité », il n’a fait que rappeler la pratique qui était en vigueur avant le don de la Tora.
3. La remarque de Radaq, lorsqu’il écrit de la mère de Jephté qu’elle était une zona, comme étant une épouse issue d’une autre tribu, n’a de signification que dans le contexte de son observation.
Rappelons, à ce sujet, que le mot zona, pour certains commentateurs, désigne également une aubergiste, celle qui donne à manger (mazon), comme dans le cas de Ra‘hav qui a hébergé les deux explorateurs envoyés par Josué – (Josué 2, 1 – voir Rachi ad. loc.). Il en est de même pour la icha zona chez laquelle Samson s’est rendu à Gaza (Choftim 16, 1), l’assimilation étant peut-être due au fait qu’une aubergiste « se donne » à sa clientèle.
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