Individu immigrant et minhag hamakom
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Individu immigrant et minhag hamakom
Je souhaite savoir si un sefarade d'Afrique du Nord qui aurait immigré à la fin des années 1940 voire début des années 1950 en France deviendrait-il automatiquement ashkenaze ?
Que se passe-t-il lorsque ses compatriotes le rejoignaient cette fois ci en tant que communauté ? Doit-il revenir au minhag sefarade initial ?
Vous dites dans un autre post que le principe d'annulation de l'individu au sein d'une communauté n'a pas été appliqué par ignorance. Comment expliquer alors que même certains Rabbanim sefarades arrivés à cette période n'aient eux-même pas appliqué ce principe. Je pense notamment à Rav Léon Yehouda Ashkenazi zatsal dit Manitou qui est arrivé à cette période et est resté malgré tout sefarade.
Merci par avance.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Manitou n’est pas arrivé seul juif d’Algérie parmi les Ashkenazim.Je souhaite savoir si un sefarade d'Afrique du Nord qui aurait immigré à la fin des années 1940 voire début des années 1950 en France deviendrait-il automatiquement ashkenaze ?
Que se passe-t-il lorsque ses compatriotes le rejoignaient cette fois ci en tant que communauté ? Doit-il revenir au minhag sefarade initial ?
Vous dites dans un autre post que le principe d'annulation de l'individu au sein d'une communauté n'a pas été appliqué par ignorance. Comment expliquer alors que même certains Rabbanim sefarades arrivés à cette période n'aient eux-même pas appliqué ce principe. Je pense notamment à Rav Léon Yehouda Ashkenazi zatsal dit Manitou qui est arrivé à cette période et est resté malgré tout sefarade.
Il n’est venu en métropole -il me semble- qu’après la guerre, il y avait déjà de nombreux Sfaradim à Paris.
Il est effectivement possible qu’il ait adopté, consciemment ou inconsciemment, certaines halakhot ashkenazes, que ce soit pour l’achat de ses Mezouzot s’il n’avait pas trouvé de Sofer Sfarade, ou fort probablement pour les Hilkhot Sh’hita/Kashrout, etc. Mais globalement, il pouvait préserver ses minhaguim grâce aux Sfaradim présents en France déjà à cette époque.
Pas besoin que les Sfaradim soient majoritaires en France pour leur permettre de préserver leurs Minhaguim, il suffit qu’ils soient assez nombreux pour constituer une communauté.
- Rav Binyamin Wattenberg
- Messages : 6569
- Enregistré le : 24 févr. 2011, 19:26
Je ne pense pas que l'on puisse pointer une date précise, le jour où il aurait été décrété que "dorénavant, les sfaradim pourront garder leur Minhag en France".A partir de quel moment peut on réellement considéré que les sefaradim en France commençaient à constituer une communauté autonome?
Par exemple était ce le cas dès 1948 ?
ça s'est fait graduellement et ça dépend des villes, des communautés.
Il se peut parfaitement qu'un sfarade ait dû (halakhiquement) s'assimiler aux coutumes ashkenazes à une date ultérieure à celle où un autre sfarade a pu garder ses coutumes en France.
Le Sfarade qui arrive en France et s'attache à un Rav Ashkenaze, devenait ashkenaze partiellement ou totalement (en fonction aussi de ce qu'il a reçu de son père comme halakhot).
Bref, il n'y a pas de date précise.
En 1948, certains pouvaient rester sfarades tandis que d'autres devenaient ashkenazes. Celui qui est arrivé dans une ville où il n'y avait pas de sfaradim, où le Rav et la kehila étaient ashkenazes, devenait peu ou prou ashkenaze à la longue.
Si ses enfants n'avaient pas d'enseignement sfarade, allaient à l'école ashkenaze, avec des enseignants et camarades ashkenazes, ils devenaient ashkenazim.
Beaucoup de sfaradim arrivés dans les années 40-50-60 ont adopté quelques minhaguim ashkenazes malgré eux.
Notamment, ceux qui allaient au Talmud Torah se sont habitués au Birkat Hamazon ashkenaze.
Avant qu'il y ait un sofer sfarade, à moins de faire venir les tfilines du jeune Bar Mitsva depuis le Maghreb, il portait des Tfilines ashkenazes ou au moins avait des Mezouzot ashkenazes, etc.