Juda et Tamar
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Juda et Tamar
- Rav Emmanuel Gies
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- Enregistré le : 23 déc. 2005, 00:34
"Tu n'a aucun attrait pour le mal, il ne réside pas avec Toi" (Psaumes V, 5 et suivants) dit David, le petit fils de yehouda.
D'où sa grandeur lorsqu'alors que tamar est jugée, yehouda reconnaît tout de même la paternité de l'acte devant tout le monde!
C'est là tout le sel du double sens de "tzadka miméni" traduit littéralement par "elle a raison c'est de moi" à propos duquel rachi cite le sens donné par les h'akhamim : yehouda dit "elle a raison" et suscite par son courage l'intervention d'une voix céleste qui clame "c'est de moi".
Une telle abnégation révèle en effet la présence divine. Cela nous change du comportement courant selon lequel on nie la responsabilté de fautes pourtant commises indéniablement par l'homme... Le contraire, c'est le père de David.
D'ailleurs la Création toute entière est à cette image : c'est de ce monde apparement conflictuel, mensonger et hypocritee que sort in fine la révélation divine, par la lignée messianique, précisément.
Peut être est ce là également le rapport avec h'anouca : apparemment ce sont les hommes qui ont pris leur destin en main en guerroyant avec la puissante armée grecque de Syrie, et pourtant toutes les mitzvoth de h'anouca instituées par nos Sages consistent à RENDRE grâce à Hachem. C'est Lui, pas nous.
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Localisation : Jérusalem
Ces trois récits, qui ont ceci en commun qu’ils sont annonciateurs de la dynastie royale de David et de la venue du Messie, soulèvent une question fondamentale :
Comment peut-on concevoir que le sort ultime du peuple d’Israël soit dépendant d’un inceste, d’une prostitution et d’une conversion ?
On a beaucoup épilogué sur cette question. Il faut, pour y répondre, prendre en considération le fait que notre espérance messianique n’est pas réservée au peuple juif, qui serait considéré comme sans tache, mais qu’elle doit être partagée avec toute l’humanité, à la fois dans ce qu’elle a de pire (d’où l’intérêt des deux symboles de l’inceste et de la prostitution), et dans ce qui la rapproche le plus de nous, à savoir la conversion représentée par Ruth.
De même que de l’impureté des cendres de la vache rousse naît la pureté, de même de l’impureté des avatars de l’histoire jaillira le Messie.
Juda et Tamar
Cordial Shalom
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
Cette cohabitation est cependant, même si elle paraît paradoxale, très fréquente dans la Tora.
La vache rousse en est un exemple. En voici un autre, peut-être plus significatif encore :
La Tora interdit à un homme d’épouser sa belle-sœur (Wayiqra 18, 16). Il s’agit là d’une interdiction très grave.
Il est toutefois une situation où une telle union est non seulement légale, mais constitue une mitswa active : Il s’agit du yibboum (« lévirat »), auquel le frère du défunt ne peut échapper que par une procédure particulière appelée ‘halitsa (voir Devarim 25, 5 et suivants).
Quant aux membres de sectes hérétiques comme les Frankistes qui croient observer la Tora en se livrant à la débauche, ils se situent aux antipodes de la halakha.
COMMENT?
cette explication, deja difficilement acceptable pour un croyant ou meme un religieux occasionerait une catastrophe chez ceux qui ne sont ni l'un ni l'autre!alor si l'impurete peut cohabiter avec la purete,on peut se permettre tellement de choses...
yehouda est un tsadik ert tamar une tsadekette,ils ont fait cet acte lechem chamaim, c'est deja dificile d'y croire mais partons de la. ce qui est difficile a comprendre c'est l'ambiguite de l'acte par rapport a cet etat de fait, et je suis sure que l'ignorance et la perversion que nous inflige notre siecle n'est pas pour rien dans notre imcomprehension vis a vis de toutes les histoires"ambigues" de la thora...
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
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C’est là une certitude que nous affirmons tous les jours dans nos prières :
« Hachem sera roi sur toute la terre. En ce jour-là, Hachem sera Un, et Son Nom sera Un » (Zacharie 14, 9).
Ce verset signifie, selon Rachi, que les païens abandonneront alors leurs divinités, et que le Nom de Hachem sera dans la bouche de tous les hommes, et selon Radaq qu’ils reconnaîtront que Hachem est Un, et qu’il n’est pas d’autre divinité que Lui.
2. L’idée d’une cohabitation du pur et de l’impur est très fortement ancrée dans le judaïsme. Elle s’exprime, me semble-t-il, dans une conviction qui habite le Juif selon laquelle la pureté est un don que Hachem nous octroie. Or, Il ne peut nous l’octroyer qu’à partir d’une situation où nous sommes habités par de l’impureté.
Dans la liturgie de Yom Kippour, nous répétons souvent le verset : « Je répandrai sur vous des eaux pures, et vous serez purs ; de toutes vos impuretés et de toutes vos idoles Je vous purifierai » (Ezéchiel 36, 25).
La signification de ce verset est ainsi explicitée dans la Guemara (Yoma 85b) : C’est Hachem qui est la fontaine de la pureté d’Israël. De même que le miqwé purifie ce qui est impur, de même Hachem confère sa pureté à Israël.