Quelle est l'origine de Ma'oz tsour ?

Tout ce qui concerne les fêtes de Hanoucah et Pourim

Modérateurs : RAV hai AMRAM, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav Imanouel Mergui, Les Rabbanim

Répondre
fureteur
Messages : 123
Enregistré le : 24 nov. 2004, 22:12
Localisation : JERUSALEM

Quelle est l'origine de Ma'oz tsour ?

Message par fureteur » 08 janv. 2006, 07:21

Quelle est l'origine du chant de Ma'oz tsour que nous entonnons après avoir allumé les lumières de 'Hanouka ?

Avatar du membre
Jacques Kohn ZAL
Rav
Messages : 2771
Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
Localisation : Jérusalem

Message par Jacques Kohn ZAL » 08 janv. 2006, 07:26

Les premiers mots de ce chant (Ma'oz tsour) trouvent leur source dans le Tanakh : « Car tu as oublié le Dieu de ton salut, et tu ne t'es pas souvenu du rocher de ta protection (we-tsour ma'ouzèkh)… » (Isaïe 17, 10).

Il est composé de six strophes, les cinq premières étant arrangées sous la forme d'un acrostiche du nom Mordekhaï (mèm, rèch, dalet, kaf, youd).

Ce chant rappelle l'essentiel de notre histoire à travers les libérations de l'Egypte, de Babylone et de Haman, et il conclut, avec l'évocation du miracle de 'Hanouka, en exprimant l'espoir d’une prochaine reconstruction du Temple.

Ces cinq strophes ont acquis une renommée mondiale. Bien qu'elles aient été probablement écrites par un auteur européen, elles ont acquis partout droit de cité, y compris dans les communautés sefarades.

On sait peu de choses sur leur auteur, si ce n'est qu'il s'appelait Mordekhaï et qu'il a vécu en Allemagne au treizième ou au quatorzième siècle. Selon certains auteurs, il s'identifierait à Mordekhaï ben Yits'haq, l'auteur du chant du vendredi soir intitulé Ma yafith.

Une sixième strophe, commençant par les mots : 'hassof zero'a qodchékha, formant l'acronyme 'hazaq, a été introduite plus tard, certains auteurs l'attribuant à rabbi Moché Isserlis (Rema).

Cette sixième strophe n'a pas été adoptée par les communautés sefarades.

La raison de cette exclusion se trouve peut-être dans son dernier vers, qui évoque des événements dont les communautés établies en terre d'islam n'ont pas eu à souffrir :
De'hei Admon be-tsèl tsalmon, haqem lanou ro'im chiv‘a – « Repousse Admon, à l'ombre de tsalmon, suscite pour nous les sept bergers. »

Admon (« rouquin ») pourrait désigner l'empereur d'Allemagne Frédéric Barberousse, moteur de la troisième croisade (1188-1192). Celle-ci a, comme toutes les autres, été accompagnée de nombreux massacres dans les communautés juives européennes. D'où l'emploi, dans le même vers, du mot tsalmon, qui s'applique à ceux qui portent un tsélem (« croix »). Quant aux « sept bergers » que nous appelons à notre secours, ce sont ceux dont parle le prophète : « Telle sera la paix de l'Assyrien lorsqu'il entrera dans notre pays, et quand il mettra le pied dans nos palais, nous établirons contre lui "sept bergers" et huit princes des hommes » (Michée 5, 4).

Ces « sept bergers » représentent nos défenseurs contre ceux qui nous agressent.

bh26
Messages : 2
Enregistré le : 02 juil. 2004, 12:14

Et qu'en est il de l'air ...

Message par bh26 » 13 janv. 2006, 13:31

dont j'ai entendu que c'était un air profane.
A vrai dire qu'est-ce qu'un air profane?
Est-ce que toute musique ne peut pas être utilisée avec des paroles de thora ou des poèmes liturgiques?

Avatar du membre
Jacques Kohn ZAL
Rav
Messages : 2771
Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
Localisation : Jérusalem

Message par Jacques Kohn ZAL » 13 janv. 2006, 14:52

1. La musique de Ma'oz tsour, tel qu'on l'entonne habituellement dans les communautés achkenazes, pourrait remonter au quinzième siècle. Certains auteurs la font remonter à un chant protestant, et elle est suggérée dans certaines œuvres de musique classique.

2. On rapporte que Rabbi Na'hman de Braslav approuvait les emprunts fait par la musique juive à celles des autres. Il considérait que toute musique vient du Ciel et qu'elle est par conséquent universelle.


Répondre