Etymologie du nom Moché et ses 10 noms hébraïques
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Etymologie du nom Moché et ses 10 noms hébraïques
J'aimerais savoir quelle est l'éthymologie du nom Moché. D'où provient ce nom? S'agit-il d'un calque issu de la langue egyptienne? J'ai aussi entendu dire que Moché avait aussi dix noms hébraïques. Voici ce que j'ai lu sur le sujet:
Moché a été ainsi nommé par la fille du Pharaon: “…elle l'adopta comme son propre fils et le nomma Moché car, dit-t-elle ‘je l'ai tiré (‘MACHE’) des eaux’.” (Exode/Chemoth 2:10). Rabbi Aryeh Kaplan, bénie soit sa mémoire , rapporte que, dans la langue égyptienne, Moché veut dire un fils d'où l'expression ‘il devint un fils pour elle’. Par ailleurs on retrouve le suffixe MOCHE dans le nom de nombreux pharaons de la XVIIIè Dynastie tels que KA-MOCHE (‘fils de la majesté de [Ra]’), AKH-MOCHE (AKhmosé; ‘fils de la lune’…) et TOTH-MOCHE (Thoutmosé; ‘fils de Toth’)… Le nom Moïse pourrait venir de l'egyptien “MO” (eau) et “USES” (tiré de). Certaines sources affirment que le nom egyptien de Moïse était MONIUS. D'autres sources anciennes prétende que le nom Moïse a été préservé chez les non-Juifs comme le légendaire Musaeus, précepteur d'Orphée, d'où proviennent les MUSES. Il est probable qu'il y ait eu un lien entre le nom “MOISE” et le terme “MUSIQUE” tire son origine des “MUSES”).
Les Midrachim nous rapportent que Moïse avait dix noms hébraïques:
1. “YERED”: (a) Celui qui a “FAIT DESCENDRE” la Sainte Torah sur la Terre. (b) Celui qui “A RESTAURE” la Ché'hina-la Présence Divine qui s'était retiré au Septième et dernier Ciel. (c) Ce nom fait aussi référence à son autorité “GOUVERNANT”, parce que Moïse avait l'autorité d'un roi.
2. “AVIGDOR”, Dérivé de la racine “GUEDER”- “BARRIERE”, étant donné que Moïse, au dessus de tous les Sages a instituté des “GUEDARIM”- “BARRIERES”, des mesures de précaution qui nous protègent et évitent que les lois de la Thora soient violées.
3. “'HEVER” qui veut dit “UNIR”, car Moïse a “UNI les Israelites à Hachem au moyen du Tabernacle qu'il a construit.
4. “AVI SO'HO”, “PERE DE VISION”, car Moïse a été le plus grand des prophètes.
5. “YEKOUTIEL”, lié au terme “KAVEH”- “ESPOIR”, parce que Moïse a enseigné aux Israelites à mettre leur “ESPOIR” en Hachem.
6. “AVI ZANOU'AH”, “FATHER QUI ABANDONNE (LE MAL)”, terme qui provient du verbe “LEHAZNI'AH”- “ABANDONNER”, car Moïse a réussi plus que quiconque a ce que les Israelites abandonnent l'idôlatrie.
7. “TOVIAH”, parce que lorsqu'il est né, sa mère vit qu'il n'était que bonté, qu'il était “TOV” – “BON”, qu'il était par conséquent la “BONTE DE D-IEU”.
8. “CHEMAYAH”, D-ieu “A ECOUTENE”-“CHAMA” ses prières.
9. “BEN NETANEL”, “FILS DU DON DE D-IEU”, il fut celui a qui D-IEU “A DONNE”- “NATAN” la Thora.
10. “LEVI”, “ACCOMPAGNER”, “MEMBRE DE LA TRIBU DE LEVI”, parce que Moïse était fils de Lévi, fils de Jacob(Israel).
D'avance merci de m'éclairer sur le sujet. Chalom Ou-béra'hoth.
Marcel Léger, Mexico.
- Jacques Kohn ZAL
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Traduction du Targoum Onqelos en araméen : che‘halté, qui veut dire : « retirer » comme dans : « retirer (mich‘hal) un cheveu du lait » (Berakhoth 8a). Le mot hébreu mechithihou veut dire également : « enlever », « écarter », comme dans : « il ne s’écartera (yamouch) pas » (Josué 1, 8), ou dans : « ils ne s’écartèrent (yamouch) pas » (Bamidbar 14, 44). C’est à cette racine que le grammairien Mena‘hem rattache le mot mechithihou. A mon avis toutefois, ce mot n’appartient pas à la même racine que mach ou yamouch, mais au radical macha qui signifie : « faire sortir », comme dans : « Il m’a fait sortir (yamchéni) des eaux nombreuses » (II Samuel 22, 17). Car s’il se rattachait au radical mach, il n’aurait pas fallu dire : mechithihou [au qal], mais : hamichothihou [au hif‘il, cette racine au qal voulant dire : « sortir » ou : « partir », et non : « faire sortir »], tout comme qam devient haqimothi [lorsqu’il passe du qal au hif‘il], chav devient hachivothi, ba devient haviothi. Ou bien il faudrait dire machtihou [également au hif‘il], comme dans : « j’écarterai (machti) le péché de cette terre » (Zacharie 3, 9). Tandis que la forme machithi [telle qu’elle est employée ici] ne peut venir que d’un verbe dont la racine comporte un hé à la fin, comme macho (« retirer »), bano (« construire »), ‘asso (« faire »), tsawo (« ordonner »), pano (« se tourner »), verbes qui, à la première personne du singulier du qal, portent un yod à la place du hé : ‘assithi, banithi, panithi, tsiwithi.
Ibn Ezra fait observer, quant à lui, que si les verbes doivent suivre les règles de grammaire, tel n’est pas le cas des noms, ceux-ci échappant à ces règles.
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caroline1903
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au sujet de l'éthymologie du nom de Moché pour Marcel
Caroline
- Jacques Kohn ZAL
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