Parachath Waeth‘hanan - Assez pour toi !
Modérateurs : RAV hai AMRAM, Rav Dov Roth-Lumbroso, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav F.Klapisch, Rav Imanouel Mergui, Rabbin Marc Meyer, Jacques Kohn ZAL, Les Rabbanim
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
- Messages : 2771
- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
Parachath Waeth‘hanan - Assez pour toi !
Comment expliquer la dureté de cette réponse, qui contraste avec la douceur habituelle des paroles de Hachem lorsqu’Il s’adressait à Moïse ?
Selon le Midrach (Tan‘houma Waeth‘hanan 4), Moïse a dit à Hachem : « Tu as dit de moi que j’étais Ton serviteur (‘évèd – Bamidbar 12, 7). Or, il est écrit dans la Tora que si le serviteur, à l’expiration de ses six ans de service, déclare qu’il aime son maître, sa femme et ses fils, et qu’il ne veut pas être libéré, il restera serviteur à jamais (Chemoth 21, 5 et suivants).
Etant donné, poursuivit Moïse, que je suis Ton serviteur et que Tu es mon maître, et étant donné que je T’aime, et que j’aime Ta Tora et Tes enfants, je ne veux pas être libéré. Je ne veux pas non plus mourir, étant donné que lorsqu’on meurt, on devient “libre” de la Tora et des mitswoth, puisqu’on ne peut plus étudier la première ni accomplir les secondes (Chabbath 30a). Ce que je veux, c’est pouvoir entrer en Erets Yisrael et Te servir pour toujours. »
Or, nous savons que le serviteur qui veut rester au service de son maître doit prononcer à deux reprises la formule inscrite dans la Tora (Rabbeinou Be‘hayé ad Chemoth 21, 5). Cette obligation résulte de la rédaction du verset de Chemoth 21, 5 : « Et si dire, il dira… ». Hachem constata que Moïse disposait d’un excellent argument, et c’est pourquoi Il lui déclara aussitôt : « Ne continue pas de me parler encore de cette chose-là ! Ne répète pas ta déclaration, ce qui M’obligerait à te donner satisfaction. »
D’après Vedibarta Bam.
Vaet'hanane
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
- Messages : 2771
- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
Je m'interroge sur la notion de Techouva suite au cas de Moché Rabenou. En effet dans Hilhot Techouva, il est précisé les étapes nécessaires pour se faire pardonner une erreur : reconnaitre sa faute, la regretter et ne plus la refaire.
Dans le cas de Moché, il lui était reproché d'avoir frappé le rocher et non de lui avoir parlé. Ceci remettant en cause la grandeur d'Hachem, et le fait que l'on puisse interpréter l'évènement comme étant de l'ordre humain et non divin/miracle.
A la suite de cette faute, tous les commentateurs attestent - ainsi que le commentaire que vous proposez - que Moché avait fait une Techouva totale. Comment est-ce alors possible que Hachem n'ait pas accédé à sa requête ? Comment le confronter à la notion de Techouva de manière générale ?
D'autres éléments doivent certainement être pris en compte, mais comment les comprender et quelle leçon y a-t-il à en tirer pour nous ?
Merci d'avance.
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
- Messages : 2771
- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
Il est en effet de principe, affirmé à plusieurs reprises dans les textes talmudiques et midrachiques (voir notamment Baba Qama 50a), que le Saint béni-soit-Il est rigoureux avec ceux qui Lui sont proches ke-‘hout ha-sa‘ara (« au cheveu près »).
Cela veut dire, en clair, que nous ne pouvons pas appliquer à ces éminents personnages les mêmes règles de conduite que celles qui nous sont applicables.
C’est là une des raisons pour lesquelles la techouva ne pouvait pas bénéficier à Moïse au point de mettre à néant le jugement divin qui lui a interdit d’entrer en Erets Yisrael.