Le titre de ‘havèr
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Le titre de ‘havèr
A quoi correspond le titre "h'aver" chez les Juifs d'Alsace?
Ou pourrais je trouver des informations ?
Merci beaucoup!
- Jacques Kohn ZAL
- Rav
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- Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
- Localisation : Jérusalem
L’origine du titre de ‘havèr est très ancienne, puisqu’il remonte à l’époque talmudique. Il était alors appliqué à ceux qui observaient scrupuleusement les lois de la terouma et du ma‘assèr, ainsi que celles relatives à la pureté et l’impureté (Voir notamment Bekhoroth 30b). Ce titre contrastait avec l’appellation de ‘am ha-arets (« ignorant »).
A partir du quatorzième siècle, où la nomination en Allemagne d’un rabbin lui conférait d’emblée le titre de morènou (« notre maître »), celui de ‘havèr est devenu l’indication d’une reconnaissance officielle de l’érudition en Tora chez les laïcs.
Dans les communautés d’Europe de l’est (Pologne, Lituanie et Moravie), le titre de ‘havèr faisait bénéficier son titulaire de certains avantages d’ordre fiscal. Aussi y est-il tombé en désuétude au fil des siècles.
En Alsace, et d’une manière plus générale dans les communautés de la vallée du Rhin, ce titre est devenu la marque d’honneur que les rabbins confèrent à ceux des membres de leur communauté qui se distinguent par leurs connaissances en Tora, par leur piété, par l’observance scrupuleuse des règles de bonne conduite, en particulier dans le domaine du dérekh érets, et par leur modestie.
- Jacques Kohn ZAL
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Signalons que l’on a découvert en 1987 à Wuerzburg (Allemagne), dans les débris d’un cimetière juif datant du douzième et utilisé jusqu’au quatorzième siècles, 1508 pierres tombales ou fragments de pierres tombales, avec un nombre considérable d’inscriptions faisant apparaître le titre de ‘havèr.
On rapporte également qu’Isaac Bernays (1792-1849), rabbin de la communauté de Hambourg et l’un des fondateurs, avec S.R. Hirsch qui fut son disciple, de la « néo-orthodoxie », s’est vu conférer le titre de ‘havèr à l’âge de sept ans en témoignage de son érudition exceptionnelle en Guemara.
Il n’existe pas, à ma connaissance, de littérature traitant de façon spécifique du titre de ‘havèr.