Règles d'interprétation de la halakha

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leib
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Règles d'interprétation de la halakha

Message par leib » 03 mai 2005, 14:20

Je voulais savoir d'où vient la règle :

stam ve yech halakha kestam (on peut traduire : entre une opinion tranchée a priori et une opinion "secondaire", on va d'après ce qui est tranché)

yech ve yech halakha ke yech batra (entre 2 opinions qui sont citées, on va d'après la 2ème)

Quelle est son origine ? Le Choulkhan Aroukh ?
Est-ce que ce principe est systématique dans l'étude de la halakha ?
Est-ce qu'il y a des exceptions ?
Est-ce que l'on peut en déduire les halakhot a priori ?

Merci et bravo pour votre site

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 10 mai 2005, 09:51

L’expression en question signifie probablement : Lorsqu’une règle est édictée sous l’anonymat (stam), ce qui veut dire par la majorité des Maîtres, et qu’« il y en a qui disent » (yèch omrim…) autre chose, la halakha est fixée selon cette majorité.
Lorsqu’il y en a qui disent une chose (yèch omrim…), et d’autres qui en disent une autre (we-yèch omrim…), la halakha est fixée selon la seconde opinion.
On trouvera une systématisation des différentes applications de stam we-yèch dans l’ouvrage intitulé Yalqout Yossef de rav Yits‘haq Yossef (le fils de rav Ovadia Yossef). Voici quelques exemples de cette systématisation :
– Si le stam permet quelque chose, et que le yèch omrim est ma‘hmir, la halakha est comme le stam.
– Si le Me‘habèr conclut par les mots : « Il convient de donner de la valeur aux opinions différentes », on doit suivre le yèch omrim dans le cas de petite perte ou de situation non urgente.
– Si le Me‘habèr conclut par les mots : « Il convient de donner de la valeur aux opinions plus sévères », et qu’il fixe la halakha comme un stam we-yèch, la halakha est celle fixée par le stam, et le yèch correspond à une middath ‘hassidouth (« comportement des personnes très pieuses).
– Si le stam est plus sévère, et le yèch plus accommodant, on suit le stam, sauf exceptions.
– Si le stam ne permet pas quelque chose, et que le yèch l’autorise, et si le Me‘habèr conclut par les mots : « Il convient de donner de la valeur à la première opinion », la chose est permise mè-iqar ha-din (« selon la lettre de la loi »), mais beaucoup de gens – ou même la plupart – suivent l’opinion la plus sévère.
– Si le yèch ne fait qu’expliquer le stam, mais se déclare en désacccord, on suit le yèch.

leib
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Message par leib » 10 mai 2005, 10:51

Est-ce que cela veut dire que l'on suit cette règle uniquement si l'on suit le Yalkout Yossef ?

Est-ce que cette règle est suivie par des poskim ashkénazes ?

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 10 mai 2005, 11:29

S’agissant d’une règle herméneutique, je n’ai aucune raison de penser qu’elle puisse ne pas s’appliquer à tous nos rites.

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