La représentation de la médecine dans le judaïsme ?

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ANANI
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La représentation de la médecine dans le judaïsme ?

Message par ANANI » 29 nov. 2005, 22:19

Actuellement, je réalise une étude sur la religion du JUDAÏSME en milieux hospitalier et j'aurais voulu savoir plus précisément qu'elle est la représentation de la santé que dicte la religion et comment est elle mise en pratique religieusement dans la vie de tous les jours.

En vous remerçiant d'avance pour votre réponse, bien cordialement

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 30 nov. 2005, 08:09

Le judaïsme tient pour une mitswa le fait de consulter un médecin lorsqu’on est malade (voir notamment Choul‘han ‘aroukh Yoré dé‘a 336, 1 et suivants), et l’exercice de la médecine a toujours été considéré comme une activité méritoire.

Les sujets médicaux occupent une place importante dans le Talmud et dans l’ensemble de la littérature juive, et notre histoire est parcourue par d’éminents Maîtres en Tora ayant également exercé la médecine. Le plus célèbre a été Maïmonide.

A la source de cette légitimité de la médecine se trouve le verset : « Si [le blessé] se lève, et s’il se déplace dehors sur son appui, sera quitte celui qui a frappé, il indemnisera seulement son chômage et guérir, il fera guérir » (Chemoth 21, 19).

Les mots : « guérir, il fera guérir » (we-rapo yerapé) sont interprétés par Rachi comme impliquant le droit pour le médecin de réclamer des honoraires, et comme faisant par conséquent de l’intervention du médecin non seulement une possibilité, mais encore une obligation.

On peut donc dire, en résumé, que le médecin devient, dans l’exercice de son art, l’associé de Hachem.

Il est vrai que la Guemara (Qiddouchin 82a) considère que tov chébe-rofim li-guehinnom, ce que l’on traduit généralement par : « Le meilleur des médecins est voué à l’enfer ». L’explication traditionnelle de cet adage est qu’il incombe au praticien d’avoir conscience de l’énorme responsabilité qui repose sur ses épaules, et de ce que la moindre erreur de sa part peut causer la mort du patient.

C’est là également une mise en garde contre l’arrogance, ce risque majeur de la pratique médicale : Celui qui, parmi les médecins, se considère comme « le meilleur » est promis aux douleurs de l’enfer.

yohn
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Message par yohn » 18 déc. 2006, 11:29

Bonjour,

que penser du passage suivant des Chroniques :

16.12
La 39ème année de son règne, Asa eut les pieds malades au point d'éprouver de grandes souffrances; même pendant sa maladie, il ne chercha pas l'Éternel, mais il consulta les médecins. Asa se coucha avec ses pères, et il mourut la 41ème année de son règne;

pouvez vous m'éclairer à ce sujet ?

merci.

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Jacques Kohn ZAL
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Message par Jacques Kohn ZAL » 18 déc. 2006, 12:36

Selon Malbim, l’attitude du roi Asa lui a été imputée à péché, dans la mesure où il a placé sa confiance dans l’habileté des médecins et non dans Hachem.

On remarquera d’ailleurs que le texte ne donne aucune indication quant au succès ou à l’échec des traitements médicaux, puisque le verset suivant annonce, sans aucune transition, la mort de ce roi.

Signalons au surplus que Radaq, citant Sota 10a (ad I Rois 15, 23), signale que la maladie d’Asa a été une punition divine, car il avait rendu corvéables les érudits en Tora.

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