Parachath Bechala‘h – A propos du chant de Miryam
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Parachath Bechala‘h – A propos du chant de Miryam
N’avons-nous pas appris que la voix d’une femme est considérée comme une ‘erwa (« impudeur »), et qu’il est interdit à un homme de prêter l’oreille à ce qu’elle chante ?
Nous rapporterons ici l’explication du Kelei Yaqar (ad Chemoth 15, 1 et 2). Celle-ci s’appuie sur une anomalie apparente du texte : Alors que, selon le sens premier du verset, Miryam était censée chanter devant des femmes, il est écrit : « Wata‘an lahèm Miryam » (« Miryam leur dit [au masculin, à savoir “à des hommes”] »), alors que l’ordre du texte aurait voulu que fût écrit : « Wata‘an lahèn Miryam » (« Miryam leur dit [au féminin, à savoir “à des femmes”] »).
Cela veut dire, explique le Kelei Yaqar, que les femmes à ce moment-là ont atteint un niveau égal à celui des hommes quant à leur réceptivité du don de la prophétie. C’est pourquoi la Tora dit lahèm (« à eux ») au lieu de lahèn (« à elles »), comme si Miryam s’était adressée à des hommes.
C’est ainsi, conclut ce commentateur, qu’il convient de comprendre le verset : « [A la fin des temps, c’est] la femme qui entourera l’homme » (Jérémie 31, 22). La femme retrouvera alors, en d’autres termes, cette égalité avec l’homme qui était la sienne au bord de la Mer Rouge.
Ainsi comprendra-t-on aussi cet enseignement du Midrach qui nous apprend que les simples servantes ont vu alors ce que n’a pas vu le prophète Ezéchiel.
On peut donc dire, à propos de l’intervention de Miryam après la traversée de la Mer rouge, que ne s’étant pas adressée aux hommes malgré les apparences contraires suggérées par le texte, ceux-ci ne se sont pas mis en danger de commettre une ‘erwa.