Le suicide et la shoah

Vous pouvez nous poser toutes vos questions qui n'entrent pas dans l'une des catégories ci-dessus

Modérateurs : RAV hai AMRAM, Rav Dov Roth-Lumbroso, Sarah, Rav Michaël Szmerla, Rav Binyamin Wattenberg, Rav Imanouel Mergui, Rav Poultorak, Les Rabbanim

Répondre
aralé
Messages : 115
Enregistré le : 05 déc. 2004, 14:56
Localisation : boulogne

Le suicide et la shoah

Message par aralé » 08 juil. 2005, 16:42

Chers Rabanim,

Le suicide est interdit. J'ai même entendu dire que les suicidés sont enterrés à part ( minhag local ou général?).

Ma question: que dire des déportés qui se suicidaient en se jettant sur les barbelés électrifiés ?

Kol touv.

Avatar du membre
Jacques Kohn ZAL
Rav
Messages : 2771
Enregistré le : 18 déc. 2003, 17:39
Localisation : Jérusalem

Message par Jacques Kohn ZAL » 09 juil. 2005, 19:43

1. La halakha considère le suicide avec une extrême sévérité. Ceux qui se se sont donné la mort en pleine connaissance de leur geste (be-da‘ath) n’ont droit à aucun des honneurs dus aux morts : On ne porte pas leur deuil, on ne prononce pas sur eux d’oraison funèbre. Seuls sont réalisés les gestes accomplis en l’honneur de leurs familles (Choul‘han ‘aroukh Yoré dé‘a 345, 1 et suivants).
La pratique, cependant, tend à accorder aux suicidés, toutes les fois qu’il est possible de le faire, le bénéfice du doute quant à leurs motifs.

2. La question de savoir si ceux qui étaient enfermés dans les camps de concentration avaient ou non le droit de se suicider est de celles que l’on a le droit de se poser. Mais il n’est pas permis, à nous les survivants de la Shoah, de répondre à cette question. Seuls peuvent le faire les rescapés des camps de la mort…

(Sur le problème général de la Shoah, veuillez vous reporter à mes réponses données les 20 et 22 janvier dernier sous la référence : (« Pensée juive - Questions générales - Peut-on comprendre la Shoah ? »)

aralé
Messages : 115
Enregistré le : 05 déc. 2004, 14:56
Localisation : boulogne

Message par aralé » 12 juil. 2005, 13:43

Merci pour les réponses.

Mais je reste un peu sur ma faim (de comprendre).

Loin de moi de critiquer nos frères qui se sont suicidés pendant la Choah. Je cherche à comprendre ce qui distingue un suicide "acceptable" d'un suicide "inacceptable" ? Je me dis que quelqu'un qui se suicide doit lui aussi être "au bout du rouleau " que ce soit par souffrances physiques, psychologiques, morales etc Où passe la frontière?

Je perçois des différences grace à vos explications mais ce n'est pas encore très clair dans mon esprit.

KOLl TOUV.

Avatar du membre
Rav Dov Roth-Lumbroso
Rav
Messages : 446
Enregistré le : 17 déc. 2003, 18:33
Localisation : Paris

Message par Rav Dov Roth-Lumbroso » 14 juil. 2005, 08:23

La halakha établit clairement (Choul‘han ‘aroukh Yoré dé‘a 345, 1) que le suicide est l’une des fautes les plus graves qui soient. Elle vise par là essentiellement le suicide commis en pleine conscience, par exemple dans un accès de colère ou dans une poussée de rage. Ce suicide-là est inacceptable.

Echappent à cette réprobation de la halakha les cas suivants :
– Le suicide commis dans l’intention d’échapper à une ‘avèra très grave, comme la débauche, l’homicide ou l’idolâtrie.
– Celui commis par ceux qui refusent que leurs corps soient profanés par des criminels ou des ennemis, comme cela se présenta pour le roi Saül, ou pour des élèves d’un séminaire de jeunes filles menacées de viol par les Nazis, ou comme ce fut peut-être le cas pour certains déportés.

Ne sont pas condamnés par le Choul‘han ‘aroukh les suicides commis sous l’empire d’un état de démence aigu. Vous pouvez appeler ceux-là des suicides « acceptables ».

Répondre